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Avishai Cohen rutile dans la fluidité

Un an après son magnifique «Into the Silence», le barbu trompettiste est de retour avec un «Cross My Palm With Silver» qui plane dans de beaux cieux. Soufflé(s)

Avishai Cohen, l’un de ceux par qui la trompette brille à nouveau? info@robertocifarelli.com/LDD
Avishai Cohen, l’un de ceux par qui la trompette brille à nouveau? info@robertocifarelli.com/LDD
info@robertocifarelli.com

Le jazz reprend du souffle et, pour une fois, ce ne sont pas tant les saxophones qui ramassent la mise, mais les trompettes. Avishai Cohen – malgré sa malheureuse homonymie avec le contrebassiste – fait figure d’incontournable dans les rangs des nouveaux héros de l’instrument comme Christian Scott, Ambrose Akinmusire ou Airelle Besson. Si l’Israélo-New-Yorkais de 47 ans enregistre en leader depuis plus de dix ans, il a fallu attendre la sortie de son album Into the Silence, l’an dernier sur le prestigieux label ECM, pour que sa musique sorte du cercle des initiés. Réalisé suite au décès de son père, cet enregistrement trouvait des voies ascensionnelles dans des nuées méditatives où sa trompette étirait des dorures crépusculaires, souvent comparées aux sonorités mythiques développées par le maître Miles Davis dans Kind of Blue.

Depuis, on a pu le voir défendre cette œuvre intense et subtile au Montreux Jazz Festival, l’été dernier, mais aussi apprécier sa capacité aux mutations stylistiques dans les phrasés véloces lors d’un concert dans la formation du saxophoniste Mark Turner, en décembre dernier au club Chorus à Lausanne.

La palme du titre en argent

Avec son nouvel album pour la maison de disques munichoise, il est plutôt question de reflets argentés: Cross My Palm With Silver. A lire des mots tels que «croix», «palmier» et «argent», on songe à un retour un peu mystique dans les parages judéo-chrétiens de son pays natal… Erreur, la locution ne signifie rien d’autre que «graisser la patte»! La référence à Israël est peut-être d’une autre nature, tenant plus du commentaire social ou politique que de l’Ancien Testament! Des titres comme Shoot Me In The Legle laissent entendre, mais Avishai Cohen ne lève pas l’ambiguïté, laissant la priorité à la musique qui s’avère toujours aussi fluide, mais rebondissant avec plus d’ardeur au gré d’un lyrisme jaillissant.

Le trompettiste a gardé deux acolytes précieux, le pianiste Yonathan Avishai aux notes ruisselantes et le batteur Nasheet Waits, scintillant de finesse, mais abandonné le saxophoniste Bill McHenry et remplacé le bassiste Eric Revis par Barak Mori. Plus contrasté et dynamique, cet album en cinq titres décroche en tout cas encore une fois la palme. D’or?

Fribourg, La Spirale

Ve 12 mai (20 h 30). Complet.

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