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Le signe de Bach sur le clavier jazz de Marc Perrenoud

Le compositeur est à l’honneur du théâtre Kléber-Méleau. Entretien avec l’un des pianistes invités.

Marc Perrenoud fait partie des pianistes qui évoqueront Bach au TKM.
Marc Perrenoud fait partie des pianistes qui évoqueront Bach au TKM.
DR

Sous l’impulsion de son âme musicale, le pianiste Cédric Pescia, le théâtre Kléber-Méleau met le compositeur Jean-Sébastien Bach à l’honneur, mais sans se cantonner à la stricte orthodoxie classique puisque trois instrumentistes issus du jazz et de la musique contemporaine ont aussi été invités à évoquer l’incontournable Cantor de Leipzig. Parmi les artistes programmés (lire encadré), on trouve le Genevois Marc Perrenoud, plus souvent mentionné pour les charmes bondissants de son trio que pour ses (re)lectures de la «grande musique». «C’est pourtant la première que j’ai écoutée en tant qu’enfant», se souvient l’instrumentiste de 38 ans, évoquant une cassette audio du «Clavier bien tempéré» par Glenn Gould, manipulée avec la gourmandise de ses tendres années.

«Mes deux parents étaient musiciens classiques, je n’ai donc écouté d’autres choses que tardivement, vers 11-12 ans. Bach me fascinait, même si je ne comprenais pas forcément sa musique incroyable. L’un des rares compositeurs à dégager une telle fluidité, un côté vivant, rythmique, évident, tout en déployant une grande dimension intellectuelle.»

Même si Bach est souvent cité pour ses capacités d’improvisateur, le pianiste n’arrive pas à croire que ses œuvres soient le fait de la spontanéité seule. «Je ne vais pas essayer d’imiter son génie, qu’il faut d’ailleurs recontextualiser dans un siècle, le XVIIe, où les règles étaient multiples, mais intégrer certaines idées à mon répertoire.» Les «Suites anglaises», que Cédric Pescia interprète d’ailleurs ce mardi, devraient ainsi lui servir de tremplin. «Ce sont d’ailleurs plutôt des «Suites françaises», une partie moins sacrée de son oeuvre, plus joyeuse et festive, qui s’inspire de danses comme la sarabande, la gigue, la bourrée.»

Sur la question des liens entre musique classique et jazz, souvent peu célébrés, celui qui compose et joue de plus en plus dans ces parages - avec la Camerata de Genève, par exemple, vendredi dernier - peine désormais à fixer des frontières stylistiques. «Il faut frotter les univers, se confronter à différentes manières de compter, d’écrire, même dans le jazz entre le solo, le trio ou le quintet avec Elina Duni. Aujourd’hui, toutes deux font partie des musiques savantes, de niche, et partagent de nombreuses qualités communes comme la recherche, la forme de l’excellence. Il y a une opposition à la tendance générale où 99% de la musique s’écroule. Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu une chanson pop ou rock qui soit belle ou intéressante. Dans cet effondrement, le classique et le jazz font de la résistance. Il suffit de regarder la HEMU à Lausanne, ses départements classique et jazz, et ses liens avec l’EJMA pour voir concrètement se croiser les intérêts.»

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