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La basse voluptueuse de Lars Danielsson a encore frappé

Le bassiste sort le troisième volet de sa série «Liberetto», aussi éclectique que séduisante. Entretien avec un jazzman qui n’a pas peur de la mélodie.

Le bassiste Lars Danielsson crée un jazz accessible, qui puise à toutes les sources, ou presque.
Le bassiste Lars Danielsson crée un jazz accessible, qui puise à toutes les sources, ou presque.
DR

Il y a peu, il ouvrait au temple la série de concerts intimistes du Cully Jazz, en duo avec son pianiste Gregory Privat. L’autre jour, c’est depuis un hôtel de Varsovie que le bassiste Lars Danielsson répondait à nos questions. Le Suédois, récent lauréat d’un Echo Jazz, enchaîne les concerts en Europe.

La crise du jazz? Il ne connaît pas. «Ou je ne le remarque pas: j’ai plus de concerts et de travail que jamais.» Depuis sa série Liberetto, entamée il y a cinq ans avec la participation exceptionnelle du pianiste Tigran Hamasyan, le leader brille avec encore un peu plus de force.

Le troisième volet vient de sortir, plus éclectique que jamais, déployant dans la diversité de ses couleurs des atouts presque pop. «Je suis d’accord. Je pense que ma musique est un mélange de classique, de pop – avec Hendrix, les Stones, les Beatles –, de folk et de jazz. Quatre musiques que j’ai écoutées toute ma vie, même si j’ai commencé à apprendre la musique à l’église avec un prof qui était organiste.»

Et le bassiste fait partie de ces (rares) jazzmen qui n’ont aucun complexe à attaquer leurs mélodies sans fioritures ni complications. «Oui, j’aime les jouer dans leur quasi pureté. Pour cela, j’aimais Chet Baker dans sa manière de chanter. Tout le monde ne peut pas le faire, cela prend parfois des années.»

L’un de ses rêves serait de pouvoir observer Bach au travail. Le bassiste de 58 ans n’a d’ailleurs pas abandonné les claviers et joue encore d’autres instruments, dont le guembri africain. Sur ce Liberetto III naviguant aussi sur des flots hispaniques ou arabes, le piano est désormais tenu par Grégory Privat. «C’est toujours un moment spécial pour moi, le choix d’un pianiste. Tous mes morceaux sont écrits au piano, mes chansons viennent de là. Mais Grégory comprend très bien ma musique. Il joue la mélodie, puis il sait la tirer sur d’autres territoires que j’apprécie. D’ailleurs, depuis qu’il est là, le groupe s’est fortifié, notre son aussi.»

Difficile de savoir si les Suédois ont découvert un truc pour créer un jazz accessible au plus grand nombre, une musique sans barrières qui ouvre grand les angles musicaux. Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans le noyau de sa formation, on trouve Magnus Öström, batteur d’E.S.T., regretté trio qui avait su séduire un large public. «Créer des atmosphères qui touchent les gens, c’est appréciable, même si ce n’est pas le but. Mais mes influences ne sont pas tant suédoises, même si j’ai écouté de nombreux musiciens scandinaves.»

Superproduction jazz

L’un des atouts de ce Liberetto III tient non seulement dans la diversité des styles abordés mais aussi dans la variété des couleurs instrumentales, avec des trompettes, de la voix, de l’oud et même un hautbois d’amour. Cinq musiciens invités sont venus rejoindre le quartet de base qui compte aussi le guitariste John Parricelli. Une belle équipée. Une superproduction? «Disons que, sur les critères du jazz, c’est une grosse production. Nous sommes retournés deux fois en studios, alors que d’autres projets sont emballés beaucoup plus rapidement, avec plus d’improvisation. Mais, en comparaison avec la pop, cela ne pèse pas très lourd!»

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