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Bastian Baker vise les étoiles américaines

Avec son album éponyme, le golden boy de la pop romande file sur l’autoroute plastifiée des tubes trop machinés

Son quatrième album solo, judicieusement titré «Bastian Baker», pourrait ouvrir de nouveaux horizons au chanteur romand.
Son quatrième album solo, judicieusement titré «Bastian Baker», pourrait ouvrir de nouveaux horizons au chanteur romand.
GREGG ROTH

L’efficacité à son firmament. Bastian Baker a mis le paquet pour son quatrième album, baptisé de ses prénom et nom comme on se refait une virginité afin de mettre en réclame son identité via ce qu’il considère comme un nouveau départ. À destination d’une reconnaissance universelle probablement. Car qui pourrait désormais résister au golden boy de la pop romande, entraîné dans l’ouragan de la tournée de Shania Twain pour qui il assure la première partie, du Canada jusqu’en Nouvelle-Zélande cet hiver? «La Suisse est peut-être neutre mais l’une de ses exportations parmi les plus talentueuses est sur le point d’envahir l’Amérique», s’écrivait-il dans «Sounds Like Nashville».

Avant lui, seul Stress avait réussi un tel lancement de carrière en Suisse romande au XXIe siècle. Et encore, le rappeur depuis réfugié en Suisse allemande avait dû attendre plus longtemps le décollage. Comme son prédécesseur, Bastian Baker a déjà multiplié les contrats publicitaires avec des boissons gazeuses, des bijoux qui donnent l’heure et du textile manufacturé. Mais l’heure n’est plus au ramassage de pactole préventif avant éventuelle disparition des tabelles de la célébrité. Avec ses paroles en anglais, le chanteur joliment polyglotte ne se contentera pas, lui, de sauter par-dessus la barrière de rösti.

Ogives nucléaires implacables

Il vise les étoiles, une cinquantaine au bas mot… C’est bien aux États-Unis qu’il est parti composer «Bastian Baker». Non plus en solo comme précédemment, mais en collaboration avec des pros de la rengaine antiblindage – Jacquire King (technicien pour Tom Waits, Kings of Leon, Buddy Guy et Norah Jones) ou Vlad Holiday, musicien plus raccordé aux sons de la jeunesse. Sur la soixantaine de titres élaborés pour l’album, seuls 14 ont été conservés, autant de têtes d’ogives nucléaires à propulser dans les charts de la planète.

Animé d’un souci constant d’efficacité dance-pop, l’enregistrement n’en décline pas moins une palette assez large et le Villeneuvois ne se contente pas d’un registre à la Ed Sheeran ou à la James Blunt, tout en multipliant les occasions de placer des hymnes pour stades pas encore bookés. Mais cela ne saurait tarder quand «All Around Us» aura emporté des légions de jeunes filles en pâmoison dans son sillage. Ouvert par l’ultra-pop «Stay», où Bastian Baker s’élance plus haut que jamais dans sa voix de tête, les tubes potentiels ne manquent pas, comme ce «Yokko» qui semble calé sur le «D.A.N.C.E.» de Justice.

Pour remédier à tout ce clinquant, il y a bien la ferveur un peu téléphonée de «Six», un «Light & Easy» dans les parages de Tracy Chapman ou encore la country-pop allègre de «Blame It On Me». Mais comment Bastian Baker pourrait-il exprimer sans peine les émotions du tréfonds de l’âme puisque – et c’est son dossier de presse qui le dit! – «sa voix brillante […] irradie de joie de vivre quand il chante une chanson triste»?

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