Le bel envol d’un chant poétique et choral

ClassiqueMichel Hostettler et Valentin Villard ont illuminé la cathédrale de Lausanne de leurs créations profanes, mais chargées d’esprit.

La cathédrale de Lausanne a accueilli les Vocalistes Romands, le Chœur de la Cité de Lausanne et l’OCL mardi.

La cathédrale de Lausanne a accueilli les Vocalistes Romands, le Chœur de la Cité de Lausanne et l’OCL mardi. Image: Philippe Maeder

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Réunis par l’enthousiasme de Renaud Bouvier, les Vocalistes Romands, le Chœur de la Cité de Lausanne et l’OCL ont traduit, mardi à la cathédrale de Lausanne, les univers sonores de deux compositeurs vaudois très personnels, Michel Hostettler et Valentin Villard. La densité émotionnelle de ces pages tout sauf consensuelles a touché un large public pour une fois curieux de musique contemporaine.

«Le chemin de la lumière paraît obscur»: ces mots du Tao-Te King figuraient en exergue du recueil poétique Naissance de la lumière, de François Debluë, dont s’est inspiré Michel Hostettler pour sa cantate du même nom. Par ses couleurs orchestrales infiniment nuancées et par la force d’une scansion mélodique et rythmique très persuasive, la musique du compositeur de la Fête des Vignerons 1999 retrace ce cheminement imprévisible, mais irrésistible, de la lumière.

Même au cœur de la détresse la plus profonde, comme dans le début de la cantate évoquant L’île des morts de Böcklin, les accidents et les tourments n’effacent pas cette tendresse du musicien, polissant d’admirables mélodies (notamment sur le vers «Si d’un nouvel amour il illumine aussi la nuit»). La fusion des mots de Debluë et des notes d’Hostettler frappe par son évidence organique.

Quasi classique puis presque expérimental

A la démarche presque classique d’Hostettler répond celle de Valentin Villard, plus expérimentale mais de même connivence tonale. Dans sa Fresque poétique sur des vers d’Amalita Hess, le compositeur de la Fête des Vignerons 2019 s’attache davantage à animer des masses sonores irradiantes, en ouvrant des plages temporelles où choristes et instrumentistes improvisent des motifs hypnotiques. L’audace des effets d’écho par l’orgue et par Sophie Graf, soprano, et Annina Haug, alto, déambulant dans les travées latérales, renforce le côté spectaculaire d’une partition au souffle véritablement symphonique. La lumière de Villard éblouit.

Malgré une opulence qui masque trop souvent la présence du chœur, Valentin Villard magnifie la dimension orchestrale, sublimée par la générosité de l’OCL (magnifique envolée du cor solo). C’est de bon augure pour la prochaine Fête des Vignerons, à condition que le compositeur mette son talent au service de paroles moins grandiloquentes. (24 heures)

Créé: 02.03.2017, 22h00

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