C’est lundi soir que Prince, enfin, s’est montré impérial

Montreux Jazz Festival La star américaine s'est produite lundi à Montreux pour la troisième soirée consécutive. Critique.

Image: BALAZS MOHAI / EPA

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Après deux soirs de fiesta funk en hommage à James Brown, la star américaine a bouclé hier son séjour montreusien en priant saint Jimi Hendrix. Décoiffant.

Il y aura des jaloux, ce matin. Aux fêtards du week-end le Prince funk, presque anonyme bateleur groovy dansant à mains nues au milieu de ses 20 (!) musiciens, dont 11 cuivres. Aux téméraires du lundi soir le Prince à afro hendrixienne, gavé d’électricité, roublard en diable avec juste assez d’yeux pour lorgner la guitariste sur son flanc gauche et, sur sa droite, une bassiste sculpturale. Une batteuse blonde achève dans son dos ce tableau aux trois quarts féminin, qui a mis à genoux, hier, le Stravinski et 4000 spectateurs heureux.

Let's Go Crazy

En ouvrant les feux par Let’s Go Crazy, la petite troupe lançait un signal clair. L’ultime round des trois concerts donnés au Montreux Jazz serait proche des prestations rock que Prince a récemment jouées dans quelques villes américaines. Du hit, du gros son et – surtout – de la guitare! Il tripote sa Vox avec l’air salace du gamin surdoué qui porta à la fin des années 1970 le funk vers des sommets scandaleux d’érotisme androgyne. Les solos pleuvent, époustouflants, dans les sillons cramés d’Hendrix. Screwdriver poursuit la démonstration, puis le rythme se fait plus feutré pour She’s Always In My Hair, face B de 1985 que les fans reçoivent comme un cadeau.

Star définitive

Sapé comme un… prince, avec diamants qui brillent, chaînes en or qui claquent et truc en plume au poignet, le monarque noir assure son rôle de leader et mouille le maillot – à supposer qu’il en porte un sous sa tunique. Les voies du seigneur sont impénétrables: sa voracité envers sa six cordes tranche avec les quelques minutes de solos lâchées comme une aumône aux spectateurs qui, samedi soir, payèrent pour un second concert impromptu, donné à 2 h du matin dans le Lab. Prince y fit une apparition après nonante minutes, fugace et désolante pour les fans. Désinvolture? Stratégie pour flatter sa légende de star définitive?

Hier soir, au contraire, il se livrait totalement, touchant du pied le premier rang, lui accordant d’effleurer ses phalanges et, mieux, de caresser sa guitare, qu’il présente comme une sainte relique. Entertainer ultime, artiste impossible, maniant funk, rock et soul, Prince a offert au Montreux Jazz le substrat de la pop américaine: beaucoup de show, un brin de rouerie et un maximum de talent.

Créé: 16.07.2013, 13h57

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