Et c'est alors que Paléo entre en transe

CritiqueC'était ça ou Julien Doré. Mercredi, l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp s'est ouvert grand les vannes afro psyché punk

L'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, mercredi à Paléo, quatorze musiciens sur scène.

L'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, mercredi à Paléo, quatorze musiciens sur scène. Image: Laurent Guiraud

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Figurez-vous l'enthousiasme, et même l'orgasme!, que procure le refrain joué à l'unisson par les trombones et les marimbas et les violons, les guitares, les contrebasses et les batteries. Tout à double. Comme s'il fallait peser plus lourd encore sur les notes qui compose le rituel magique à destination d'un grand démon poilu, qu'une fanfare extra lucide, extra brute, nommerait, citerait, invoquerait enfin pour l'inciter à danser jusqu'à épuisement complet.

Pure démence que le projet de l'orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, chose inappropriée en ces temps de crise financière: «La diversité musicale est aussi importante que la biodiversité», disait ce soir-là le chanteur de Midnight Oil, Peter Garrett. Bien inspiré, le vieux grigou. Mais l'Orchestre en question n'a pas attendu qu'on lui donne l'autorisation. Mercredi, dans la chaleur moite du Club Tent, dévolu à la scène suisse telle que représentée à Paléo, ils étaient quatorze, mieux qu'une équipe de football, à courir comme des fous, s'époumonant sur des cuivres, transpirant sur les cordes, grattant, battant et chantant ce beau refrain qui ne connaît nulle étiquette préétablie. De l'afro beat en robe des alpages, du psychédélisme porté aux nues par un rock abrasif. Que dire encore, sinon que la compagnie ainsi rassemblée par le Genevois Vincent Bertholet va son train à sa manière, d'un rythme lancinant, ethio-jazz ou ska renversé, on ne sait plus, cela va si vite, et si bien.

Il y a du chant dans l'affaire, un quatuor classique aussi, tantôt placide, tantôt brûlant, Et l'ensemble vous fait partir sans plus attendre dans une gigue frénétique. Et l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp explose de mille feux, de saveurs inconnues, mélange d'Afrique et d'Europe, de chorales humides et de cavalcades électriques. Un bonheur non frelaté, une fanfare ébahie par ses propres idées, son foisonnement, que le public a cueilli par la bande, entre deux moments sur la grande scène. A deux pas de là, Julien Doré glapissait sur des mélodies collantes, face à une foule ravie de contempler ses jolis muscles et son poil soyeux. En bas, là où sont les pauvres, les manants, l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp te prenait le corps et l'esprit, tel un vaudou dont on découvre à peine le nom. Ceux-là vont durer, eux aussi. Et leur culte est une invitation à la transe. (TDG)

Créé: 19.07.2017, 23h32

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