Le Caprices festival redevient humain

MusiqueMue printanière réussie pour le festival de Crans-Montana, qui a rassemblé ses publics. Et 50'000 spectateurs.

La chanteuse Irma sur scène au Caprices Festival.

La chanteuse Irma sur scène au Caprices Festival. Image: Keystone

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Le pari n’était pas gagné : après la démesure, l’an dernier, de neuf soirées aussi prestigieuses que financièrement délétères (2 millions de déficit), le Caprices de Crans-Montana devait se réinventer en un format plus « humain », sans donner l’impression de régresser, dix ans après ses débuts. Fini le gigantesque complexe de tentes à capacité de 10'000 spectateurs en bordure de station, et la programmation digne de l’auditorium Stravinski du Montreux Jazz. Le festival 2014, au budget resserré mais toujours maousse (6,8 millions de francs), s’est concentré sur deux week-ends, l’un electro, l’autre live, qui s’est achevé samedi soir sur un bilan satisfaisant.

«Chaque week-end a bien fonctionné et a attiré son public spécifique. Même si nous avions sous-estimé le succès de la vaste programmation gratuite, nous devrions nous y retrouver au niveau du budget.» Directeur de la manifestation, Maxime Léonard relève l’asymétrie en termes d’origine du public: l’ADN electro urbain du premier round (Carl Cox, Gesaffelstein, Richie Hawtin, etc) a attiré une foule majoritairement alémanique ou étrangère, alors que les attraits live du second week end (Ziggy Marley, Grand Corps Malade, Goran Breovic, etc) a convaincu 90% de public romand et largement valaisan. Le festival revendique 27'000 spectateurs payants et 24'000 visiteurs de sa programmation gratuite, animant avec succès le centre de Crans.

Du rap et du groove
Le cœur de Caprices battait sous le Moon, tente de 4000 places aux ascendances rap et funk, samedi. Alors que Keziah Jones retrouvait en bonne forme la station valaisanne dix ans après sa première venue, IAM assurait au chasse-neige son statut de tête d’affiche. Trois DJ’s sur estrades pour tenir le tempo ventru et les rares fioritures instrumentales, plus 4 MCs dont 2 pour surligner les dernières syllabes du duo Akhenaton/Shurik’n: la frappe ne faisait pas dans la finesse.

Dans une sono peu précise, le néophyte ne percevait de la tchatche que l’accent de Pagnol, devinant ici L’école du micro d’argent ou là CQFD du dernier album éponyme. Entre les deux disques, presque vingt ans d’histoire hip-hop, aux inventions annulées par la rigidité spartiate du rap marseillais à la montagne, casant chaque morceau dans une gangue uniforme et rudimentaire. Les fans apprécient, les autres se lassent. Il faudra toute la fantaisie débonnaire de George Clinton, parrain de 73 ans revenu de tout mais pas de son amour du funk, pour redonner des couleurs et du groove au Moon dansant sous la lune.

Créé: 21.04.2014, 14h22

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