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Cédric Pescia prélude et fugue avec fougue, de Bach à Boulez

Le rendez-vous annuel du pianiste à Kléber-Méleau cultive toujours les grands cycles et associe des musiciens rares.

Cédric Pescia interprète cette année les «Préludes et fugues» de Bach et «Sur Incises» de Boulez.
Cédric Pescia interprète cette année les «Préludes et fugues» de Bach et «Sur Incises» de Boulez.
Uwe Neumann

Comme toujours, Cédric Pescia voit grand, loin, et haut. Depuis 2007, le pianiste vaudois a fait de sa résidence annuelle au Théâtre Kléber-Méleau l’espace de liberté pour exprimer sa passion pour les cycles musicaux d’envergure, son envie de partager des répertoires peu explorés, y compris en musique contemporaine.

Le menu 2018 est exemplaire de sa démarche. A tout seigneur, tout honneur, Cédric Pescia aligne en deux soirées (me 23 et ve 25) l’intégrale des «Préludes et fugues» de Jean-Sébastien Bach. «Depuis le début, j’ai toujours voulu en jouer davantage et j’ai appris les 96 pièces à 18 ans.» Le pianiste en fait une pratique quotidienne, d’autant plus maintenant qu’il enseigne. «Je vois ces soirées comme deux marathons, mais pas au sens sportif, plutôt comme expérience d’élévation intellectuelle et spirituelle.»

Suivent deux concerts avec des pianistes invités (sa 26, ma 29). Severin von Eckardstein est un ami de longue date, qui avait participé à l’aventure «Mantra» de Stockhausen en 2014. Cédric Pescia voit en lui un coloriste de premier plan. Non content de se lancer dans le «Gaspard de la nuit» de Ravel et de se faire orchestre dans le «Prélude à l’après-midi d’un faune», l’Allemand exhume un trésor aussi rare qu’exceptionnel, «La maison dans les dunes» de Gabriel Dupont. «Je ne connaissais pas ce grand cycle qui nous met en relation avec le cosmos. Quand Serverin s’emporte, c’est un torrent; ça va être sublime!» Cédric Pescia est tout aussi enthousiaste sur la jeune Chinoise Ran Jia, qui cultive avec Schubert une proximité quasi mystique.

La série se termine le 1er juin par un projet dont le pianiste rêvait depuis longtemps et qu’il a pu enfin concrétiser avec des élèves et des professeurs de la HEM de Genève. On y entendra les deux versions d’«Incises» pour piano seul de Pierre Boulez, suivies de sa prodigieuse excroissance, «Sur Incises», pour 3 pianistes, 3 harpistes et 3 percussionnistes. «Certainement la pièce la plus accessible de Boulez, assure Pescia. Ludique, délicate et avec des déflagrations de rage incroyable, comme des objets en verre éclatant en mille morceaux.»

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Renens, Théâtre Kléber-Méleau Du me 23 mai au ve 1er juin Rens.: 021 625 84 29 www.ensemble-enscene.ch

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