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La chanteuse Yasmine Hamdan sur la ligne de front

La Libanaise sort «Al Jamilat», un album qui pousse la pop orientale plus avant dans la modernité. Coup de fil à une héroïne

Avec «Al Jamilat», son deuxième album solo, Yasmine Hamdan chante une ode aux femmes sur des sons affûtés.
Avec «Al Jamilat», son deuxième album solo, Yasmine Hamdan chante une ode aux femmes sur des sons affûtés.
DR

Elle se laisse attraper au téléphone alors qu’elle s’engouffre dans un taxi parisien qui l’amène à France Inter. Quatre ans après son premier enregistrement solo Ya Nass, il y a un frémissement soutenu autour de la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan qui sort – enfin – l’album Al Jamilat. Entre les deux disques, il y a eu la scène du film de Jarmusch Only Lovers Left Alive où elle chante dans un bar de Tanger, mais aussi un certain nombre de couvertures de magazines, d’articles qui se saisissaient de cette figure féminine émancipée donnant à voir un autre Orient que celui de la peur et de la méfiance. Questions à l’une des rares artistes pop qui passe les nouvelles frontières de la guerre sur le fil du rasoir entre arabesques sans archaïsme et scalpel electro.

«Al Jamilat» va-t-il plus loin que «Ya Nass» dans les sons contemporains?

J’avais des envies. Il y a des choses que j’ai contrôlées. D’autres que j’ai laissées venir. Le son est produit, moderne, mais développe plusieurs univers, des humeurs différentes issues de croisements génétiques. Il englobe beaucoup de musiques. C’est la première fois que je travaille avec autant de précision et d’allers-retours sur un album avec des producteurs.

Les musiciens aussi, on repère Steve Shelley, batteur de Sonic Youth?

Oui, c’était génial. Beaucoup de choses ont commencé grâce à cet ami, en discutant. C’est lui qui a organisé la première session et qui m’a permis de rencontrer un musicien comme Shahzad Ismaily (ndlr: qui a joué avec à peu près tout le downtown new-yorkais).

Etes-vous en passe de devenir l’égérie d’un Orient moderne?

Ah bon? Vous me l’apprenez! Peut-être… Certaines personnes se projettent dans des questions identitaires et ont aussi besoin de s’aérer un peu la tête.

La situation au Moyen-Orient s’est aggravée si rapidement…

Oui, cela nous a tous pris au dépourvu, tant en Europe qu’au Moyen-Orient. Ce n’est pas encore décodable

Votre image, justement, n’est-elle pas prise dans une forme de parasitage politique?

J’ai toujours combattu les ghettos, me considérant avant tout comme artiste. Bien sûr, je me positionne politiquement. C’est aussi une dimension de mon travail, j’en suis très consciente: je dois donc éviter les clichés opportunistes. Mais la dimension politique rend aussi la situation plus excitante car elle dépasse ma personne et me donne des envies d’engagement. Mais parfois, certains magazines me renvoient à ma «race», à ma nationalité… C’est à double tranchant.

Le titre «Al jamilat» vient de là, qui signifie «les magnifiques», au féminin pluriel?

La chanson titres est une adaptation d’un poème de Mahmoud Darwish, une ode aux femmes, très belle, magique. J’avais ce besoin de douceur féminine dans un monde violent et fou, comme un rayon de soleil. Un hommage à des femmes passionnées, peut-être confuses et imparfaites, mais qui ont toutes du chien.

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