Un concert de Passenger vous sauve une soirée à Caribana

CritiqueLe romantique de la scène anglaise jouait jeudi sur les bords du Léman. En solo, le chanteur fait merveille.

Passenger, Mike Rosenberg de son nom, seul sur la grande scène de Caribana, jeudi 7 juin. Fameux moment de folk, à la fois énergique et frémissant.

Passenger, Mike Rosenberg de son nom, seul sur la grande scène de Caribana, jeudi 7 juin. Fameux moment de folk, à la fois énergique et frémissant. Image: Lauren Pasche

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Simple Minds, Passenger. D’un côté, la bande à Jim Kerr, vieille gloire de la new wave britannique. De l’autre, ce jeune cacou du folk tranquille, anglais lui aussi. Jeudi, l’affiche de Caribana ne promettait rien de plus, a priori, que des vedettes de seconde zone. Après Bruel mardi, Status Quo mercredi, voilà qui n’était pas particulièrement enthousiasmant. Et pourtant…

Se rendre sur les bords du lac, à Crans-près-Céligny, permettrait au moins de juger sur pied du potentiel de ces deux figures récurrentes de l’été. Simple Minds qui enchaîne les dates, Rock the Ring de Hinwil, Sion sous les Étoiles, Musilac d’Aix-les-Bains encore pour le seul mois de juillet. «Squatteur» de festival à peine plus discret, Passenger, pour sa part, ira aux Stars of Sound à deux pas de Bienne, avant de revenir dans les salles helvétiques en septembre…

Un attachant barbu

Musicalement alors, s’il y en a un qui s’impose par son talent, ce n’est pas Simple Minds, trop sage pour risquer de déplaire. Mais Passenger, qui se jette sans compter dans la bataille, ne ménageant ni son organe vocal, ni son charisme. On connaît son répertoire, voix haute et feutrée servant des bluettes d’alcôve. Passenger, d’ailleurs, n’a rien d’un débutant. Dix ans déjà que ce gamin du Sussex, Mike Rosenberg de son nom, tourne à l’international. Qui n’a entendu son tube «Let Her Go», paru en 2012, moite ballade de chevalier servant roucoulant dans les aigus! Un nouvel album arrive en août, «Runaway». De telle sorte qu’à Caribana, jeudi, c’est d’abord dans les loges qu’on s’en va jauger le personnage pour une interview prochaine.

Mike Rosenberg: barbu discret, à peine un geek, trop sympathique, et naturel, pour se cantonner aux artifices des modes urbaines. Mike Rosenberg, dont le regard vert campagne ne dit rien de trop: cet homme est heureux d’être en musique, de travailler son folk. «Romantique? Oui, je le suis un minimum. Comme je peux être rêveur, par ailleurs. Mais non moins réaliste.» Cette conversation, on y reviendra. Aujourd’hui, c’est à la scène qu’on veut le voir.

Un monstre de scène

Seul sous les spots. Sa guitare bien en main, poigne de fer, jeu percussif, très fin dans les arpèges. Et ce chant! Fort en gueule, sabré de vocalises caressantes, comme il se doit, mais autrement plus charnu que sur disque. Passenger peut-il lasser d’un album à l’autre? Rien de cela lorsqu’il affronte le public.

Simple, tendre, généreux, le beau chanteur reprend «The Sound of Silence» de Simon and Garfunkel, duo comptant parmi ses principales inspirations musicales. Et Caribana de se découvrir un monstre de folk, un songwriter accompli, un showman attentif. Quand Passenger lance «sing it loud, chantez à tue-tête», une fois, puis encore, le bougre insiste et il a bien raison, car à la troisième, le public assoupi d’avoir fait bombance aux stands, enfin, se met à entonner la douce mélodie.

Avec Passenger, le festival nyonnais relevait ainsi une affiche qui par ailleurs tenait ce soir-là son minimum de cohérence. De la descendance Zurbriggen, filles et garçons de Zermatt tous pimpants jouant à l’enseigne du groupe WintersHome, on a écouté les politesses country-rock. De Wildwood Kin, trois jeunes femmes du Devon, dont deux sœurs, on a admiré la virtuosité et vocale et instrumentale: manière folk trad enlevée, prestance assurée. Comme quoi, pas besoin d’être six pour chanter beau. Enfin, The Gardener & The Tree, de Schaffhouse, montaient le volume en migrant vers le rock, proche en style des Américains Kings of Leon. Caribana, c’est aussi – tout à son honneur – une vitrine pour les groupes du cru. (24 heures)

Créé: 08.06.2018, 18h36

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