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Les Concerts Bach de Lutry ont 60 ans

Depuis 1958, le temple accueille les meilleurs musiciens pour la musique ancienne. Bernadette Elöd raconte.

Bernadette Elöd, directrice des Concerts Bach
Bernadette Elöd, directrice des Concerts Bach
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Au temple de Lutry, les années passent et la musique de Bach y est toujours aussi bienvenue. Mais pas seulement celle de Bach, puisque le premier concert de la 60e saison des Concerts Bach de Lutry, ce dimanche 4 novembre, à 17h, est entièrement consacré à la découverte d’un compositeur italien totalement oublié, Giovanni Giorgi. Un quasi contemporain de Bach dont la musique sacrée somptueuse sera révélée par Leonardo García Alarcón à la tête, une fois n’est pas coutume, de l’Ensemble Vocal de Lausanne (EVL). «J’ai énormément d’estime pour ce chef, s’enthousiasme Bernadette Elöd, directrice des Concerts Bach, et c’est lui qui m’a proposé ce compositeur que je ne connaissais pas. J’étais un peu méfiante au début, mais en écoutant le disque qu’il a enregistré en 2011, je peux parler d’un vrai coup de foudre!» La collaboration avec l’EVL, un des piliers des saisons de Lutry, était un argument supplémentaire.

Fondés par le hautboïste Edgar Shann en 1958 à raison de trois concerts par saison, puis poursuivis par le violoniste et chef d’orchestre Arpàd Gérecz et son ancienne élève Bernadette Elöd, les Concerts Bach de Lutry sont aujourd’hui dotés de sept rendez-vous dominicaux répartis de novembre à avril. En 60 ans d’activité ininterrompue, ils auront marqué l’histoire de ce lieu où, selon sa directrice, Bernadette Elöd, les souvenirs d’Ernest Ansermet, Arthur Grumiaux, Christiane Jaccottet, Yehudi Menuhin et bien d’autres sont encore vifs. La violoniste lausannoise entretient cette mémoire avec une grande acuité et une fidélité exemplaire. Elle se rappelle les premiers concerts qu’elle a suivis encore adolescente, dès 1960, puis évidemment ceux auxquels elle a participé au sein de l’Orchestre du Conservatoire de Lausanne dirigé par Arpàd Gérecz, et enfin comme secrétaire de l’association dès la fin des années 70 avant de prendre la succession du chef d’orchestre à son décès en 1992.

«Tous les musiciens qui viennent au temple de Lutry en gardent une impression très forte»

Partageant comme lui des origines hongroises, Bernadette Elöd a pu entretenir aussi un lien très particulier avec les musiciens de ce pays: «Parmi les plus fidèles invités de Lutry, on compte en effet le violoncelliste János Starker, le violoniste Tibor Varga, le pianiste György Sebök, les pianistes Dénes Várjon et András Schiff. Et cette année, nous accueillons le violoncelliste Balázs Máté qui vient le 25 novembre avec son ensemble Aura Musicale Budapest, pour des concerti de Bach et de son fils Carl Philipp Emanuel.»

«Tous les musiciens qui viennent au temple de Lutry en gardent une impression très forte, poursuit la directrice. Ce lieu leur laisse une empreinte qui n’est pas que spirituelle et qui tient à son acoustique, à la proximité avec le public et certainement aussi au souffle musical des saisons écoulées.» Bernadette Elöd mentionne à titre d’exemple l’émotion de Reinhard Goebel qui n’a pas oublié son dernier concert au temple il y a 25 ans. Il revient cette saison avec les solistes de la Philharmonie de Berlin réunis sous l’égide des Berliner Barock Solisten (17 mars). L’accueil offert par l’équipe organisatrice est aussi une composante de l’esprit de Lutry: «Nous avons toujours eu à cœur de nous entourer de nos amis musiciens, ce qui a permis de faire des miracles du point de vue financier, car une entreprise de ce type reste extrêmement fragile.»

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