Deux pianistes extrême-orientales époustouflent à Lausanne

Mélodie Zhao et HJ Lim se donnent en concert à quelques jours d’intervalle. Portraits croisés.

Mélodie Zhao et HJ Lim, deux géantes du classique.

Mélodie Zhao et HJ Lim, deux géantes du classique. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Elles incarnent la génération des pianistes extrême-orientales à qui rien ne résiste. Jeunes, belles, brillantes et déroutantes, HJ Lim, née en Corée en 1986, et Mélodie Zhao, née en Suisse de parents chinois en 1994, sont toutes deux à l’affiche d’un récital solo à la Salle Paderewski de Lausanne cette semaine. Ces artistes branchées sur les réseaux sociaux ont plusieurs point en commun. À commencer par une virtuosité étourdissante, une volonté de se donner corps et âme à la musique, qui se matérialise dans l’intégrale des sonates de Beethoven, gravée à 24 ans pour la Coréenne, à 19 pour la Chinoise. Autre similitude insolite qui les distingue de bien des «produits» formatés venus des pays asiatiques: une formation par des professeurs français et un enracinement helvétique. Mélodie Zhao a grandi à Saint-Prex, donné ses premiers récitals à Lausanne; HJ Lim a posé ses valises à Neuchâtel après être tombée amoureuse de cette ville.

Étienne Barillier pensait-il à elles dans son roman épistolaire «Piano chinois» (Éd. Zoé), quand il mettait en scène le duel féroce de deux éminents critiques musicaux sur la question de l’interprétation de la musique classique européenne par des Asiatiques suite à un récital d’une jeune soliste chinoise? Que n’a-t-on en effet pas entendu sur ces deux interprètes et la soi-disant absurdité d’enregistrer ces chefs d’œuvres si tôt? Comme si la supériorité des Asiatiques ne pouvait se mesurer que par leur précocité et leur vélocité! Les deux jeunes femmes ont heureusement prouvé que leur démarche était sincère et fondée. En2012, Mélodie Zhao affirmait: «Je ne serais pas arrivée au bout du projet si je l’avais pris simplement comme un défi.» Dans son récit «Le son du silence», HJ Lim avoue: «En interprétant les trente sonates, je déplie l’humanité en moi, je me déploie.» L’une entame le 30 janvier le cycle Beethoven des Concerts de Montbenon; l’autre joue Schubert, Chopin et une création de Hyunwoo Jung le 1er février.Matthieu Chenal


Lausanne, Salle Paderewski
Je 30 janv. (20 h)
Rens.: acm@pharts.ch
Di 1er fév. (17 h)
Rens.: billetweb.fr

Créé: 29.01.2020, 13h21

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.