Disparition de Raymond Court, le trompettiste qui ne lisait pas la musique

JazzLe musicien lausannois, sacré meilleur trompettiste européen en 1960, vient de décéder. Hommages.

Raymond Court, trompettiste lausannois, possédait un swing hors du commun. Il est décédé à l'âge de 79 ans.

Raymond Court, trompettiste lausannois, possédait un swing hors du commun. Il est décédé à l'âge de 79 ans. Image: Janine Jousson - A

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Décédé ce week-end à l’âge de 79?ans, Raymond Court laisse le souvenir d’un trompettiste à l’instinct très sûr, d’un autodidacte à la facilité extraordinaire. Ses amis musiciens sont unanimes: le trompettiste lausannois, «Monmond» pour les intimes, possédait le swing comme peu. «Il avait un style flamboyant», se souvient Serge Wintsch. «Un tout grand trompettiste de l’histoire suisse du jazz», estime le pianiste Thierry Lang, qui a joué et enregistré (l’album Beautiful Friendship de 1988 en témoigne) avec celui qui habitait ces dernières années à Ollon.

Né en 1932 à Lausanne, Raymond Court avait commencé à apprendre l’accordéon d’un père musicien de rue. «Mais, comme il avait un début d’asthme, un médecin avait conseillé qu’il joue de la trompette», se rappelle le bassiste Jean-Yves Petiot, complice de trente?ans. En 1960, participant à la première édition du Festival de Juan-les-Pins, il décroche le Prix du «meilleur trompettiste européen de jazz».

Fan de bop, cet ami du pianiste Jean Bionda est souvent comparé à Dizzy Gillespie, son musicien de référence. Mais, pendant toute sa carrière (durant laquelle il dialogue avec Flavio Ambrosetti, George Gruntz, Daniel Humair, mais aussi Cedar Walton ou Johnny Griffin), il continue à jouer du vieux jazz dixieland, notamment avec Les Papa’s ou les Red Hot Peppers.

Au début des années 60, il avait tenté l’aventure parisienne, au Club Saint-Germain entre autres, mais était revenu vivre en Suisse, où il pratiquait également le métier de menuisier ébéniste. Plusieurs fois approché par des stars, comme Gerry Mulligan, qui cherchait un remplaçant à Chet Baker, Raymond Court a toujours décliné les offres (la section de cuivres de Basie lui aurait aussi proposé un remplacement), car il ne savait pas lire la musique et s’obstinait à ne pas vouloir apprendre. «Cela lui a fermé des portes», confirme Yvan Ischer.

Mais les regrets n’ont pas étouffé ce «beau gosse» de la trompette, qui palliait le travail de l’instrument par sa mémoire prodigieuse et par son infaillible intuition, au risque d’étonner par ses doigtés peu conventionnels. (24 heures)

Créé: 04.03.2012, 22h46

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