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Cette «Doña Francisquita» traverse le temps et l’espace

Inédite en Suisse, la zarzuela présentée à Lausanne éblouit par ses métamorphoses. Critique.

«Doña Francisquita», une nouvelle création, fait rare!
«Doña Francisquita», une nouvelle création, fait rare!
Alain Humerose

Vue à la générale vendredi soir, la zarzuela «Doña Francisquita» d’Amadeo Vives, mise en scène par Lluís Pasqual, a quelque chose d’épique. La comédie lyrique en trois actes, jouée pour la première fois à Madrid en 1923, plonge grâce à cette version marquant par ses dialogues revisités, dans la société populaire espagnole.

Pour cette nouvelle création du genre, une grande rareté sur le sol helvétique, l’intrigue est transposée dans trois époques distinctes. Autant de tableaux permettant d’observer l’évolution des mœurs et conflits amoureux dans divers contextes: le début des années30 dans un studio d’enregistrement, puis sur un plateau de télévision au milieu des années60, et aujourd’hui lors d’une répétition générale du spectacle, dans une mise en scène contemporaine.

Si l’intrigue autour de l’engouement de la jeune Francisquita (Leonor Bonilla) pour l’étudiant Fernando (Ismael Jordi) traverse le temps – tout comme la partition musicale défendue avec une belle vigueur par le chef Roberto Forés Veses à la tête de l’OCL –, l’évolution de la mise en scène permet de porter un regard distancié sur les personnages. Après un premier tableau situé dans la 2eRépublique, l’incursion sur le plateau de télévision les transporte dans le kitsch des émissions de divertissement. Avec quelques scènes envoûtantes et drôles, à l’image du duo Francisquita-Fernando debout sur une estrade pour mieux s’adapter au cadre de la caméra, cherchant à se mettre en valeur sous la lumière des projecteurs. C’est l’occasion d’entendre la voix souple de la soprano sévillane Leonor Bonilla donner la réplique au puissant ténor Ismael Jordi. Coup de théâtre avec la troisième partie où l’intrigue est rattrapée par un décor minimaliste plongé dans la pénombre. Ici les mouvements des danseurs prennent le dessus, dans une suite de mouvements de fandango, où le rythme et la masse des corps l’emportent sur l’individualité, portés par le bruissement des chœurs.

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Lausanne, Opéra Me 29 jan (19h), ve 31 jan (20h), di 2 fév (15h) www.opera-lausanne.ch

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