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Les eighties dans le miroir du jazz par le transfuge Francis Baudevin

Au Bourg de Lausanne, le plasticien revient sur une décennie pas si bleue…

Francis Baudevin.
Francis Baudevin.
DR

Pour sa 7e session, Jazz History invite l’artiste Francis Baudevin à remonter le temps jusqu’aux années 1980 afin d’explorer de façon très personnelle son rapport au jazz de cette décennie. Le peintre prof de l’ECAL et grand collectionneur de vinyles avait, au temps du magazine «Vibrations», animé la chronique «Un disque par sa pochette». Lundi, il fouille dans ses souvenirs d’étudiant aux Beaux-Arts pour exhumer ses pépites de la période.

«Je n’ai pas grandi en écoutant du jazz. Je le découvre plutôt par le biais des improvisateurs. Des musiciens comme Derek Bailey ou John Zorn, qui n’était pas si orienté jazz à ses débuts. Mais aussi par la No Wave new-yorkaise avec le guitariste Arto Lindsay, dont j’étais très fan et qui a joué par exemple avec le saxophoniste David Murray. J’étais animé par la curiosité de la bande-son de l’époque. Après, il y a eu les Lounge Lizards de John Lurie ou un Kip Hanrahan qui mélangeait, en metteur en scène, des musiciens de rue, du jazz, de l’Afro-Cubain, de la No Wave.»

Dans la playlist eighties de celui qui est aussi fan de minimalisme, il y avait aussi des Afro-Américains. Les premiers à lui revenir à l’esprit sont des guitaristes: James Blood Ulmer et Sonny Sharrock. En artiste de l’abstraction – il a signé l’affiche du 45e Montreux Jazz Festival –, Francis Baudevin voit des parallèles sonores dans les démarches proches du free. Mais, en fouineur des coulisses, transfuge à la recherche de jonctions improbables, il découvre également des sources inattendues de parenté «jazzique». «La New Wave, musique pourtant froide, flirte parfois avec le jazz. Les Stooges avaient bien réussi à utiliser le saxophone! Je pense à l’un des premiers groupes de Neneh Cherry comme Rip Rig + Panic ou Blurt. Après le split de Young Marble Giants, Alison Statton forme Weekend, qui sort un album imprégné de jazz. On pourrait encore citer les débuts d’Everything But The Girl.»

On l’aura compris, Francis Baudevin ne se promènera pas sur les boulevards du jazz eighties mais, fidèle à son esthétique, restera attentif, si ce n’est aux fausses pistes, aux faux-semblants. «Les Lounge Lizards ont pu dire qu’ils jouaient du fake jazz ( ndlr: du jazz truqué, falsifié, faux ). Un peu comme moi: je suis un fake abstrait. Par la suite, ce slogan Canada Dry a connu le succès – avec la mouvance Disco Not Disco, par exemple. Il ne faut jamais se fier aux apparences, mais il est aussi possible d’être deux choses à la fois.»

Lausanne, Le Bourg Lu 21 janvier (20 h 30). Entrée libre. Rens.: 021 625 07 07 www.le-bourg.ch

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