Electron a encore du jus

Musiques électroniquesNouvelle formule, nouveaux lieux: la 15e édition du festival aura bien lieu, en avril.

Electron en avril 2017 au Zoo, seule salle de l’Usine que le festival retrouvera en 2018 pour sa 15e édition.

Electron en avril 2017 au Zoo, seule salle de l’Usine que le festival retrouvera en 2018 pour sa 15e édition. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Un papillon de nuit orne l’affiche du 15e Electron, sa frimousse velue en très gros plan. Papillon, Electron. A Genève, le festival des «cultures électroniques» fait sa mue et reprend son envol. Toujours nocturne. Toujours festif. Electron a frôlé la faillite. L’animal s’est remplumé. La quinzième grand-messe des dancefloors aura bien lieu. Non plus à Pâques, mais plus tard dans le mois, sur deux week-ends, du 19 au 21 puis du 26 au 28 avril. Son cœur également se déplace: la manifestation quitte la zone Palladium-Usine pour le quartier des Acacias, où elle visitera des hauts lieux du clubbing genevois (Motel Campo, Gravière et Audio).

Quatre clubs réunis

Le festival revient de loin. L’édition 2017 s’était terminée en catastrophe: quatre jours sur le week-end pascal, 15 000 visiteurs. Succès public en apparence, mais déficit final faute d’avoir attiré mille festivaliers de plus. Depuis, les organisateurs ont entièrement revu leur copie. Il fallait d’abord renflouer les caisses. Chose faite grâce aux activités annexes de l’association qui préside aux destinées du festival, Headfun, chargée de divers mandats dans l’événementiel. La suite? Un sondage de la Haute École de gestion l’a démontré: organiser pareil rendez-vous durant le week-end pascal n’était pas une bonne idée. «Contrairement à ce qui se produisait il y a quelques années, les Genevois ont tendance à partir durant cette période», résume Emmanuelle Dorsaz, coordinatrice du festival. Raison valable pour expliquer la baisse de fréquentation en 2017. Mille personnes de moins, disions-nous? Ça paraît peu. Mais les finances du festival restent fragiles.

Pour assurer ses arrières, Electron a choisi, cette fois, de partager non seulement le choix des artistes invités, mais également les risques financiers. Audio, Motel Campo, Gravière, Zoo, chacun met du sien, sur le modèle des festivals de Berlin ou d’Amsterdam. En fait de festival, l’Electron 2018 consiste en la réunion de plusieurs clubs sous une même bannière. Une précision encore: en quittant la zone de l’Usine, la manifestation réalise des économies importantes. Investir la rue de la Coulouvrenière et monter une scène dans le Palladium occasionnait des frais importants. «Mais un tel environnement contribuait à l’esprit du festival. Raison pour laquelle nous aménagerons les abords de l’Audio, avec des stands notamment.»

Année transitoire

Forte d’une centaine d’artistes, l’affiche reste stable, qui propose également de la danse contemporaine, élément qui avait été mis de côté l’an passé, des rencontres professionnelles et la traditionnelle exposition au Commun, dès le 5 avril, sur le thème de la réappropriation dans le monde de l’art.

Changement de lieux, changement de dates: l’Electron nouveau est en marche. Qui devra encore faire ses preuves. En mai, la convention de subvention signée avec la Ville de Genève – 200 000 francs pour le festival, 100 000 pour l’exposition – sera rediscutée. «2018 constitue une année de transition, soutient Emmanuelle Dorsaz. La forme que prendra l’édition suivante, en 2019, reste à définir.»

15e Electron Du 19 au 21 et du 26 au 28 avril, Audio, Zoo, Motel Campo, Gravière. Exposition du 5 au 19 avril, Le Commun. Infos: electronfestival.ch (24 heures)

Créé: 13.03.2018, 18h37

L’affiche du 15e Electron, un papillon de nuit. Signée par le graphiste Buxum.

Quand la techno tient le haut de l’affiche

Dure de préférence, qu’elle soit pointue ou grand public, la techno est loin d’être obsolète. Cette musique née il y a trente ans à Detroit, machine à danser carénée pour la transe, vit un énorme regain d’intérêt. Ce dont Electron, 15e édition, se fait l’écho à grande échelle. Que ce soit en la personne du pionnier Kevin Saunderson, comme cette autre figure historique du genre, Marschall Jefferson (Audio, ve 20 avril). Ou la dernière vedette en date, idole d’une nouvelle génération biberonnée par les rythmes binaires des anciens: Nina Kraviz, originaire d’Irkoutsk, campe cette artiste devenue «mainstream» mais toujours capable «d’inventivité» (Audio, sa 21 avril). Saunderson, Kraviz: entre deux, la manifestation fait le plein de ces beats massifs portés par le grand retour des rave parties. Ainsi, une figure montante telle que Vincent Neumann (Motel Campo, sa 28 avril) rejoint-elle des signatures déjà installées, les Truncate (Gravière, ve 27 avril), Rodhad (Audio, ve 27 avril) et autres Monolog (Motel Campo, sa 28 avril). Pour varier les plaisirs, le festival ouvre ses portes à la mode du baile funk, représenté par le collectif genevois Ozadya (Motel Campo, ve 20 avril). Tandis que le Zoo, club à l’origine du festival, accueille les allants psychédéliques d’un autre style vieux de trente ans, la goa (sa 21 avril).

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