Passer au contenu principal

Emmanuel Pahud risque l’envolée sans filet

Le flûtiste était l’invité de l’OCL dans un concerto mystique de Gubaidulina.

Emmanuel Pahud (image d'archives)
Emmanuel Pahud (image d'archives)
Héloïse Maret

La saison du 75e anniversaire de l’OCL se poursuit avec son lot de réjouissances et de découvertes. Le premier grand concert de 2018, lundi soir au Métropole, a vu Joshua Weilerstein très en forme à la tête de l’orchestre, mais aussi à l’aise dans ses désormais traditionnelles interventions au micro pour décrire en quelques mots simples les pages qu’il va interpréter. Permettant ainsi de mieux saisir les enjeux de musiques parfois déroutantes.

Après une Ouverture d’Egmont de Beethoven riche en contrastes, entre une tension narrative tourmentée et une pétulante péroraison finale, le chef titulaire a conduit brillamment les structures arachnéennes et énigmatiques de la Music for Flute, Strings and Percussion (1995) de Sofia Gubaidulina, dont c’était la première exécution en Suisse. Pour Emmanuel Pahud, soliste de ce concerto athlétique, il s’agissait de retrouvailles avec une pièce qu’il a enregistrée en 2001, mais qui représente à chaque fois un défi impressionnant, ne serait-ce que par l’emploi de quatre flûtes (basse, alto, ut, piccolo). La compositrice russe met sans cesse le flûtiste sur la brèche, lequel doit faire face à deux ensembles de cordes désaccordés d’un demi-ton, tirant l’un vers l’ombre et l’autre vers la lumière, et résister aux assauts stridents des percussionnistes. Plongés dans ces sonorités plus qu’étranges, on a l’impression de suivre le flûtiste dans une quête improbable, cherchant dans chaque station la formule mélodique et magique qui lui permettra d’avancer. Il y a des plages méditatives emplies d’échos indistincts, des incantations d’outre-tombe, une chevauchée haletante montant vers un azur sans oxygène, et un épilogue obscur, strié de bruissements épuisés. Malgré une grippe latente, Emmanuel Pahud a traversé ces épreuves avec cet aplomb serein qui le caractérise, tel un Perceval pur et invincible.

Une tension similaire entre le sublime et le grotesque traverse la Symphonie de chambre op. 83a de Dimitri Chostakovitch. Joshua Weilerstein met bien en évidence les belles parties des vents qui métamorphosent son 4e Quatuor à cordes de 1949. D’Egmont aux compositeurs soviétiques, on sentait bien dans ce programme l’esprit de révolte à l’oppresseur. Mais que venait faire Bach bichonné par Stokowski en conclusion?

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.