Passer au contenu principal

Les folles journées de l’EVL à Tokyo

Chanteurs et musiciens étaient invités dans un festival de la capitale nippone. Avec leurs deux chefs, pour une passation de pouvoirs en douceur.

L’Ensemble Vocal et Instrumental de Lausanne (EVIL) a tourné ce week-end une page importante de son histoire plus que cinquantenaire. A l’invitation du festival «La folle journée au Japon», 37 chanteurs – choristes et solistes – et 21 musiciens étaient en déplacement dans la capitale nippone, où ils ont donné quatre concerts. Avec, fait «historique», deux chefs, puisque outre le père fondateur Michel Corboz, c’était aussi l’occasion pour l’EVIL d’annoncer officiellement l’arrivée de Daniel Reuss à la direction artistique de l’ensemble. L’Allemand vivant en Hollande dirigeait un programme de motets de Bach (deux fois) ainsi qu’une Messe brève du même Jean-Sébastien et le Dixit Dominus de Haendel.

Quant à Michel Corboz, il a régalé le très attentif public tokyoïte hier soir avec une Passion selon Saint Jean dont il a le secret – une pâte raffinée qu’il pétrit depuis les années 1970 et qu’il a enregistrée pour la première fois en 1978. «Et ce ne sera pas la dernière fois de ma vie que je la dirigeais, se réjouit le chef. Mais ce ne sera plus avec l’EVIL, puisque je la donnerai avec un petit chœur en juillet au Portugal, puis à Lisbonne pour Pâques 2016 avec le Chœur de la Fondation Gulbenkian.» Véritable star au Japon, le maestro de 81 ans se sent encore capable de transmettre sa passion de la musique: «Je suis peut-être plus concentré que par le passé.» Mais il éprouve quelque peine à se déplacer et à supporter le décalage horaire. «Les voyages en avion ne me manqueront pas.» Il manquera, lui, à ses incroyables fans japonais, qui lui ont réservé une ovation debout avant, pour certains, d’aller s’agenouiller devant le maître pour lui demander une dédicace sur leur partition.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.