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Les extases baroques de la Folia

Le festival de musique ancienne de Rougemont chemine sur les sentiers de la spiritualité. En apesanteur.

La violoniste Hélène Schmitt joue les «Sonates du Rosaire» de Biber à l'église Saint-Nicolas de Rougemont dimanche 20 (19h30).
La violoniste Hélène Schmitt joue les «Sonates du Rosaire» de Biber à l'église Saint-Nicolas de Rougemont dimanche 20 (19h30).
Guy Vivien

En dix-huit éditions, le Festival La Folia de Rougemont a habitué un public très fidèle à monter «les yeux fermés» pour applaudir les tubes ou les raretés de la musique ancienne. La nouvelle programmation de Capucine Keller ne déroge pas à cette tradition, qui promet autant de découvertes que de merveilleuses retrouvailles, dès ce soir et jusqu’au lundi de Pentecôte.

Si la tonalité très spirituelle de cette année, avec plusieurs concerts de musique sacrée, a inspiré à la directrice artistique le sous-titre «extases baroques», elle n’était pas préméditée: «Je n’ai pas pour habitude d’imposer des programmes aux artistes en fonction d’un fil rouge arbitraire. Je sais qu’ils défendent mieux les musiques qu’ils ont choisies et travaillées à l’avance. Les nombreuses pièces de musiques religieuses proposées offrent une sorte de moment méditatif hors du temps, loin des contraintes quotidiennes, qui font du bien à tous, au public comme aux musiciens.» La petite église Saint-Nicolas de Rougemont accentue évidemment le côté exceptionnel de ces instants partagés.

Quatre concerts (sur sept) explorent ce versant sacré, et sacrément original. L’ensemble dijonnais Les Traversées baroques s’est pris d’affection pour Kaspar Förster (1616-1673), compositeur polonais qui diffusa dans l’Europe du Nord l’art italien de Cavalli et de Carissimi (ve 18, 19h30). Plus exotiques encore, les Espagnols de Tasto Solo reconstituent l’univers sonore de l’orgue portatif ou «organetto», en vogue à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance. Avec la soprano Barbara Zanichelli, ils interprètent la musique du Florentin Francesco Landini, qui a notamment mis en notes les poèmes de son ami Pétrarque (sa 19, 11h).

La violoniste Hélène Schmitt arpente un sommet de l’œuvre de Heinrich Biber, ses «Sonates du Rosaire», avec son ensemble Luceram (di 20, 19h30). «Sans l’aide de la voix, Biber transcrit la mort du Christ, détaille Capucine Keller. À chaque étape, le violon doit être accordé différemment, faisant perdre tout repère à l’interprète. Un acte de foi physique!» Enfin, le Concerto Scirocco magnifie de ses vents et de ses voix les motets de Legrenzi, de Rosetta et de Monteverdi (lu 21, 16h).

En contrepoint plus populaire, Capucine Keller a invité l’ensemble lausannois Albori Musicali, jeune mais déjà très expérimenté, pour une poignée de concerti baroques (je 17, 20h), un trio de clavecinistes français aguerris qui ferrailleront joyeusement (lu 21, 11h) et, surtout, Sandrine Piau dans un florilège d’airs d’opéras de Haendel avec Les Paladins (sa 19, 19h 30). «L’ensemble de Jérôme Correas nous avait déjà approchés, mais avec la présence de Sandrine Piau dans notre petite église ce sera certainement d’une intensité extraordinaire.»

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Rougemont, église Du je 17 au lu 21 mai Rens.: 026 925 11 62 www.festival-la-folia.com

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