Passer au contenu principal

Le Festival JazzOnze + a taquiné les étoiles de toutes les galaxies

La 32e édition s’est conclue dimanche sur un nouveau succès. La manifestation a trouvé une formule qui roule

À 81 ans, le souffleur Charles Lloyd tient une forme irréprochable, comme il l’a démontré vendredi dernier.
À 81 ans, le souffleur Charles Lloyd tient une forme irréprochable, comme il l’a démontré vendredi dernier.
JEAN-MARC GUÉLAT

Sur papier, le menu de la 32e édition de JazzOnze+ se voulait aussi diversifié qu’équilibré entre respect d’une certaine tradition jazz et attention à ses plus récents rénovateurs. Dans les faits, les différentes facettes de la manifestation ont attiré l’attention des publics avec une première estimation de 5000 spectateurs pour la semaine et 3500 billets vendus, un résultat comparable à celui de l’an dernier. Cet éclectisme rayonnant a été rendu possible par la nouvelle formule mise en place par le directeur artistique Gilles Dupuis.

L’ouverture du festival à d’autres lieux, notamment le BCV Concert Hall, au Flon, a permis d’étendre la palette de la programmation à des artistes défricheurs, qu’ils soient déjà célébrés pour leurs avancées (le batteur Mark Guiliana cette année), dans de nouvelles combinaisons (Rymden, l’alliance de la section rythmique d’E.S.T. et de Bugge Wesseltoft) ou encore en début de parcours (la trompettiste Yazz Ahmed). Au Casino de Montbenon, le passage au payant de l’EspaceJazz, à l’exception de la soirée de samedi, s’est aussi révélé judicieux, puisque la salle qui avait accueilli Snarky Puppy, Fink ou Ibeyi tire paradoxalement mieux son épingle du jeu en imposant un billet d’entrée! La gratuité est malheureusement une dimension parfois difficile à maîtriser.

En 2019, il demeure encore possible d’inviter une légende en chair et en os – et pas seulement son héritage comme l’a fait jeudi le Mingus Big Band. Cette année à JazzOnze+, le souffleur Charles Lloyd incarnait une histoire très vivante. D’abord en se prêtant au jeu d’une petite rencontre apéritive pour marquer le coup de la sortie, sur le label TCB, de l’album live de son concert de 1967 lors de la première édition du Montreux Jazz Festival. L’occasion de serrer dans ses bras René Langel, le dernier cofondateur du MJF encore vivant. Le nonagénaire se rappelait ses années de critique de jazz en assurant qu’il avait toujours veillé à ne pas se faire d’amis dans le milieu. Mais il ne regrettait pas l’exception que représentait Charles Lloyd, dictée par une émotion tellement musicale.

Après ce moment émouvant, le souffleur lui donnait raison lors d’un concert où son phrasé voletant dans le blues atteignait de nouveau des sommets de sensibilité, même si l’on regrettait juste, dans ses parties solos, le son par trop criard de la guitare électrique de Marvin Sewell dans ce quintet où brillait Gerald Clayton au piano. À un demi-siècle de distance, Lloyd ne cédait en rien.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.