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Fink redonne un coup de noir au blues

L’ex-DJ, plus connu pour son «songwriting» folk et rock, arrive à Cully avec un projet enraciné dans la musique du diable. Yeah!

Le musicien polymorphe Fink s'embarque dans un blues hypnotique aux reflets sombres.
Le musicien polymorphe Fink s'embarque dans un blues hypnotique aux reflets sombres.
Frank Hoensch/Redferns

Un ancien DJ, blanc et anglais de surcroît, est-il le mieux placé pour défendre le blues? C’est possible. Fin Greenall, mieux connu sous son nom de musicien Fink, vient justement de sortir un Sunday Night Blues Club d’excellente facture dont il donnera la teneur en concert, demain au Chapiteau du Cully Jazz Festival, avec aussi Big Daddy Wilson à l’affiche. Il faut aussi préciser que le DJ qu’il fut, pour le label Ninja Tune (qui ne l’a jamais lâché dans ses aventures ultérieures), a raccroché les plaques il y a plus de quinze ans, pour entamer un parcours de songwriter folk avec l’album Biscuits for Breakfast, en 2006. Et, depuis son album Hardbeliever, remarqué en 2014, Fink est définitivement sorti des souterrains, programmé la même année au Montreux Jazz Festival pour le début d’une tournée de plus de 100 dates.

Spécialiste des pas de côté, le musicien effectue désormais son incursion dans le blues. «J’en écoute depuis toujours, cette musique fait partie de mon ADN, mais je ne la maîtrisais pas, détaille l’Anglais au téléphone. J’ai dû attendre pour me l’approprier. A la fin de la tournée de Hardbeliever, j’ai eu du temps, un appartement à Berlin et j’ai enfin pu sortir du système pour explorer, avec de nouveaux musiciens.» Le défi était de taille car le blues, genre statufié par la mythologie des grands anciens, peine depuis des décennies à retrouver la veine d’une vitalité renouvelée. «C’est une destination dangereuse. Il y a tout de même eu les artistes défendus par le label Fat Possum, ainsi que Jack White et les Black Keys… Mais je voulais quelque chose d’original, mon propre blues, aux angles rugueux. Il s’agissait de se lancer dans cet enregistrement par passion et non pour inscrire une nouvelle étape dans ma carrière.»

Se montrer à la hauteur

L’exigence du blues, c’est avant tout de frapper juste, de savoir s’ajuster aux sentiments poignants ou désinvoltes charriés par sa tradition. «Qui est le nouveau John Lee Hooker aujourd’hui? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’y a pas tellement d’albums de blues que j’ai envie d’acheter aujourd’hui.» Avec un peu de témérité, il y avait donc une place à prendre, ou à trouver. Une disposition d’esprit que Fink connaît pour l’avoir déjà éprouvée en tant que clubbeur. «C’est souvent parce que l’on ne trouve pas la musique que l’on aime en club que l’on devient DJ. Le breakbeat, la drum’n’bass, la hardtek ou la tek house sont nés ainsi.» Les références amusent dans la bouche de ce bluesman fraîchement éclos qui serpente à merveille dans les pénombres d’un blues urbain, magnétique.

Dans l’excitation et la volonté de viser l’os, Fink est donc entré en studio avec ses vieux totems en tête – Howlin’ Wolf, Lightnin’ Hopkins, John Lee Hooker – et le désir de garder un son indompté. «Je ne voulais pas d’une approche aseptisée, lisse, bien enregistrée ou intellectuelle. Il me fallait atteindre un blues qui jaillisse directement dans l’émotion, mais en évitant les clichés et pour cela il fallait se bouger les fesses.» Avec quelques amplis, dont un Silverface Fender pour une réverbération vintage, le musicien a évité tout le «click stuff», c’est-à-dire les réajustements par ordinateur. «Une prise ou deux, ma voix repassée dans l’ampli. Un truc réel, vieille école, dont je suis fier.» Avec aussi le jeu sur les micros. «John Lee Hooker a été un des premiers artistes du micro, tout comme Bennett et Sinatra chez les crooners. Sans le micro, tu n’atteins pas les mêmes textures de voix.»

Estampillée «Vol. 1», cette première tentative en appelle déjà une deuxième… «Pour l’instant, je travaille sur le nouvel album «officiel» de Fink, qui devrait sortir en septembre et nous emmener dans une tournée jusqu’aux Etats-Unis et en Asie. Mais si j’ai du jus, cela se fera – j’ai trouvé mon nouveau hobby!»

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