«A chaque fois, le public romand dit me découvrir»

MusiqueJaël, ex-Lunik, sort un album de titres choisis sur 15 ans, aux orchestrations de velours, qui invite au cocooning hivernal.

Jaël propose de se verser un verre de vin pour écouter son dernier album,<i> Orkestra</i>, même si, enceinte, elle ne peut pas trinquer avec son public pour l'instant.

Jaël propose de se verser un verre de vin pour écouter son dernier album, Orkestra, même si, enceinte, elle ne peut pas trinquer avec son public pour l'instant. Image: DR

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On a tous vu la jolie trentenaire blonde quelque part, entendu sa voix unique, sans jamais réussir à la replacer avec précision. C’est que cela commence à faire un moment que Jaël Melli hante les ondes et les scènes, dansante et pétillante, lumineuse. Cette fois-ci, la Bernoise a choisi de tamiser les spotlights et sort un disque non pas de ses hits, mais de ses titres favoris, enregistrés avec un orchestre classique. Enceinte de huit mois, elle invite à partager sa bulle, à ralentir et à se laisser envahir. Le souci, c’est qu’on ne rêve que d’une chose: entendre ses arrangements en live et pour cela, il faudra se montrer patients.

Cela fait maintenant quinze ans que vous êtes la petite fiancée de la Suisse alémanique, non?

La petite fée, oui! Qui est devenue grande puisqu’elle s’apprête à devenir maman. Je suis très touchée de l’affection que me porte le public. Je sais qu’elle vient aussi du fait que j’accepte de partager certains aspects de ma vie privée avec lui, comme ma grossesse par exemple. Je sais où est la limite. En fait, je dévoile des choses bien plus intimes dans mes chansons. C’est là qu’on se rend compte que les spectateurs sont nombreux à ne pas en comprendre les paroles! Ils sont touchés par les mélodies et par l’émotion véhiculée et franchement, ça me va très bien. Mais il est vrai que je suis passée par l’Angleterre et les Etats-Unis avec ma tournée acoustique et je me suis soudain rendue compte que chaque personne dans la pièce comprenait chacun de mes mots. Un moment très fort.

Et en Suisse romande?

Je peux me balader dans la rue tranquille! Il n’y a que très peu d’artistes alémaniques qui sont connus en Romandie et je peux m’estimer heureuse de l’être au moins un tout petit peu. Disons que je ne donne pas des concerts chez vous devant des salles vides! (Rires.) Mais je dois me rendre à l’évidence: pour chaque date planifiée ici, j’en ai une vingtaine de mon côté du pays! J’adorerais changer la donne, parce qu’à chaque fois, le public romand dit me découvrir. Les gens m’approchent à la fin du spectacle pour me faire part de leur surprise. Je reste persuadée que pas mal de Romands pourraient comprendre ma musique.

Comment vous présenteriez-vous?

Je suis un compositeur-interprète qui recherche avant tout l’authenticité. Je suis à prendre ou à laisser. J’étais persuadée qu’aucune radio ne diffuserait cet album, après les autres plus électro, plus funky. C’est en effet le cas en Suisse alémanique, mais j’ai été surprise de découvrir qu’ici, certaines stations ont fait d’Orkestra leur album de la semaine! Ça montre vraiment la différence entre les deux parties principales de la Suisse. C’est comme deux pays séparés et moi j’aime cette variété.

Ça se voit, vous n’avez cessé de faire le caméléon tout au long de votre carrière, non?

Oui, les gens changent et j’ai assumé chacune de mes époques, aussi bien au niveau de mes paroles que de mes arrangements. Même si, après avoir sorti mon album solo Shuffle the Cards, je n’avais plus très envie de le jouer sur scène, parce que j’en étais déjà à l’humeur suivante… Les gens qui ne comprennent pas mes textes disent que je ne fais que des chansons d’amour. Evidemment, mais il y a toujours des strates. L’amour, la vie, les inter­actions sociales, les doutes, les déceptions.

Comme l’amour, la vie est faite d’étapes. Il y avait la petite fille qui voulait être maîtresse d’école, la chanteuse de Lunik, votre projet MiNa, Jaël et bientôt la famille…

Oh! je n’ai pas attendu que ce petit bonhomme soit dans mon ventre pour sentir le cocon familial. Cela fait douze ans que je suis avec mon mari, que nous avons parcouru le monde, que nous faisons équipe. Nous avons évolué ensemble.

Cet album, qui retrace votre carrière, est donc celui de la maturité?

Oui, ça me va plutôt bien. L’album de la stabilité, du cocon. Je me suis vraiment fait plaisir en choisissant quels morceaux réarranger: des faces B, des chansons jamais interprétées en live… On les a déshabillés pour ensuite les emballer de ces nouvelles orchestrations, un peu comme un beau paquet cadeau.

Que vous déballerez aussi sur scène?

J’adorerais! J’ai une liste d’orchestres qui pourraient potentiellement m’accompagner. Je vais vite faire un bébé et on en reparle?

Orkestra Jaël Zealand Records (24 heures)

Créé: 03.11.2017, 12h13

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