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La folie de Shakespeare métamorphose l’OCL

La lecture du «Songe d’une nuit d’été» a débouché lundi et mardi à Lausanne sur un résultat aussi improbable qu’hilarant.

Pour «Le songe d'une nuit d'été», la lune et la forêt sont symbolisés par des ballons
Pour «Le songe d'une nuit d'été», la lune et la forêt sont symbolisés par des ballons
Yuri Pires Tavares

A-t-on jamais assisté à un concert d’abonnement aussi long à l’OCL, où l’orchestre ne joue que de manière épisodique? A-t-on déjà vu les musiciens jouer sans leur tenue de concert et investir le parterre plutôt que la scène? A-t-on seulement imaginé une fois que Joshua Weilerstein, le directeur artistique de l’orchestre, puisse incarner le rôle surréaliste du Mur dans «Le songe d’une nuit d’été», de William Shakespeare?

Tout cela et bien d’autres surprises attendaient le public de la salle Métropole à Lausanne lundi et mardi avec ce «concert lecture» inédit, qui présentait l’intégralité de la pièce de Shakespeare et la musique de scène composée par Felix Mendelssohn.

Nettement moins courant qu’un opéra en version de concert, une pièce de théâtre en lecture à la table, même mise en espace, est bien plus délicate à faire passer pour des spectateurs, qui doivent faire un effort supplémentaire de compréhension et d’interprétation. Le choix de François Renou de distribuer les rôles à six comédiennes jouant chacune plusieurs personnages ne facilite pas l’exercice, et il faut accepter l’idée de se perdre dans les méandres du texte et les identités fluctuantes de cette comédie tarabiscotée.

C’est d’ailleurs précisément l’intention de Shakespeare dans «Le songe»: que la nuit fasse perdre les repères à tous, comédiennes, chanteuses, musiciens et spectateurs, que la scène se peuple petit à petit d’une forêt de ballons et les murs de la salle se tapissent d’étoiles.

La musique de Mendelssohn, par sa rareté, son incomparable fluidité et sa prodigieuse capacité de séduction, vient traduire le pouvoir d’ensorcellement du philtre d’amour de Puck et l’enchantement de la nuit romantique. Enfin, voir quelques musiciens et le chef interpréter eux-mêmes cette bouffonnerie de «Pyrame et Thisbé» ajoute la nécessaire ironie à un spectacle aussi virtuose qu’expérimental.

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