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La France dit adieu à son copain

Ils étaient au moins 500 000 à rendre un dernier hommage à Johnny Hallyday. Le gratin politique, médiatique et du showbiz a assisté à la messe à l’Eglise de la Madeleine.

La tombe fleurie de Johnny Hallyday au cimetière de Lorient, à Saint-Barthélémy. (Lundi 11 décembre 2012)
La tombe fleurie de Johnny Hallyday au cimetière de Lorient, à Saint-Barthélémy. (Lundi 11 décembre 2012)
AFP
Le soleil se couche sur le cimetière où repose Johnny Hallyday.
Le soleil se couche sur le cimetière où repose Johnny Hallyday.
AFP
L'une des premières photos de Johnny qui pose avec son fétiche.
L'une des premières photos de Johnny qui pose avec son fétiche.
AFP
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«JOHNNY, ON T’AIME!» On l’aime tellement, Johnny, qu’on est prêt à tous les sacrifices pour lui adresser un dernier adieu, quitte à braver une météo glaciale. Peu avant 8 heures du matin, samedi, la place devant l’Eglise de la Madeleine et la longue rue Royale sont déjà noires de monde. Du monde au cœur couleur deuil. Un père de famille quinquagénaire brandit une grande feuille de papier où il a inscrit en grandes lettres : «Paris la Madeleine. Merci. Merci Johnny», avec le portrait du rocker : «Je suis venu avec ma famille du fond de la Seine et Marne. Nous sommes sur ce bout de trottoir depuis 7 heures, hier soir! Oui, on a passé toute la nuit ici. Et je vous jure qu’il fait froid. Mais au moins, on est bien placé, juste en face de l’entrée de l’Eglise». Un de ses voisins renchérit : «Moi, je viens de Maubeuge. J’ai aussi passé la nuit dehors, pour pas qu’on me mange la place! Mais vous savez, nous lui devons bien ça à Johnny. Il nous a tant donné. Et depuis tellement longtemps». Un troisième, nettement plus âgé, intervient : «Ma femme et moi, nous ne pouvions pas faire autrement que lui dire une toute dernière fois merci.»

Ferveur française

Ferveur. Mais ferveur française. Non loin, sous les vitrines des grands magasins du boulevard Haussmann, les Roms sans domicile se réveillent tout étonnés et un peu inquiets par ce remue-ménage inhabituel un samedi matin. Connaissent-ils Johnny Hallyday ? Un groupe répond négativement de la tête en partageant une thermos de thé fumant. Dans une brasserie place de la Madeleine, deux Japonaises attaquent une entrecôte-frites, en compagnie d’une bouteille de rosé bien entamée. A 8 h du matin ! Elles ne jettent même pas un regard interrogateur sur la foule qui s’amasse vers la place de la Madeleine. C’est donc la France qui a accouru par cars et TGV vers l’ultime parcours parisien de son Copain Majuscule. Parti du funérarium du Mont-Valérien, le convoi funèbre est passé par Marne-la-Coquette, commune de domicile du défunt, puis à l’Arc de triomphe, les Champs-Elysées, la place de la Concorde, la rue Royale jusqu’à la place de la Madeleine et son église.

L’ultime osmose Hallyday

Devant le lieu de culte, une estrade a été hâtivement dressée pour permettre aux musiciens de Johnny de donner de petits concerts. Bien sûr, aucun d’entre eux ne se risquent à chanter, ce serait de mauvais goût. Mais le public, lui, chante. On peut ne pas aimer le rock de Johnny Hallyday, toutefois il est impossible de rester insensible à cet échange, à la fois triste et jubilatoire, entre les milliers de fans et les musicos. L’osmose Hallyday s’alchimise une fois encore. Les yeux embués de larmes disent assez que cette fois sera la dernière. La foule laisse échapper des murmures attendris. Les deux ex-femmes de Johnny, Sylvie Vartan et Nathalie, avec leurs enfants respectifs, David Hallyday et Laura Smet accueillent Laetitia, l’épouse, et ses deux filles Jade (13 ans) et Joy (9 ans). Le Président Emmanuel Macron arrive avec la première dame. Il enlace les deux fillettes, fait la bise à Laetitia. Une rumeur s’enfle, progresse. Et grondent, les Harley-Davidson pilotées par 700 «bikers» qui ont accompagné le convoi. «Il arrive!» Oui. Le voilà. Le fourgon funéraire s’arrête devant l’escalier de la Madeleine. Le cercueil blanc est porté par six de ses musiciens. Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de l’archidiocèse de Paris, accueille la dépouille. Et s’apprête à dire sa messe retransmise sur les écrans géants. L’Elysée a décidé qu‘un «hommage populaire» sera rendu au rocker à défaut d’un «hommage national». Mais cette fête funèbre avait tout d’un deuil tout ce qui a de plus national. Ainsi, femmes et hommes politiques se sont-ils pressés sur le banc de l’Eglise : François Hollande et Julie Gayet, Nicolas et Carla Sarkozy, le président du Sénat Gérard Larcher, le premier ministre Edouard Philippe et bien d’autres se composant une mine de circonstance.

Macron tout d’abord hué

En revanche, pour respecter la laïcité, le président Macron prononce son discours, hors de l’Eglise, au bas des escaliers. Il essuie d’emblée une bordée de huées et de sifflets. Mais parvient à les faire taire puis à les transformer en vivats pour la mémoire du rocker. Au cours de la cérémonie, les écrivains Philippe Labro (auteurs d’une quarantaine de chansons de Johnny) et Daniel Rondeau (ami de longue date) sont intervenus ainsi que Carole Bouquet, Line Renaud, Patrick Bruel, Marion Cotillard. Jean Reno, le parrain de Jade, n’a pas pu cacher son émotion en lisant le poème de Prévert «Chanson des escargots pour l’enterrement d’une feuille morte». La fin de la messe approche. Dehors, la foule chante : «Que je t’aime!» S’il en fut privé durant les premières années de sa vie, comme l’a rappelé Mgr de Sinety, il la quitte entouré d’amour.

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