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Frank Beermann chérit les miniatures

Infatigable défenseur d’un répertoire souvent négligé, le chef allemand ne boude pas son plaisir en venant diriger Richard Strauss.

Texte paru initialement dans le Supplément Opéra de Lausanne du 28 septembre 2018

Frank Beermann n’est pas un inconnu des mélomanes lausannois. En effet, le chef allemand s’est déjà retrouvé à deux occasion dans la fosse de l’Opéra: pour «Les Joyeuses Commères de Windsor» en 2014, puis pour «La Bohème» l’année dernière. Et jamais deux sans… quatre, puisqu’il reviendra à deux reprises cette saison, d’abord avec «La Chauve-Souris» pour les fêtes de d’année, avant de s’attaquer à «Ariane à Naxos» en 2019. Lausanne est pour lui «une vieille connaissance»: il a découvert la ville lorsqu’il était étudiant et qu’il a donné un concert à la Cathédrale à la faveur d’une tournée avec une formation de chambre: «J’ai beaucoup apprécié la Cité ainsi que la topographie de la ville. Depuis, chaque fois que je séjourne ici, j’aime flâner tous les jours jusqu’à la Cathédrale.»

Frank Beermann pense avoir été engagé par Eric Vigié pour «Die Lustigen Weiber von Windsor» d’Otto Nicolai parce qu’il est considéré comme un spécialiste du compositeur allemand. Il a en effet dirigé plusieurs de ses opéras, nettement moins connus que Les Joyeuses Commères, qui est lui-même une rareté. Il est vrai que le chef s’est fait une spécialité de mettre au jour des œuvres lyriques tombées dans l’oubli. Durant les 10 ans qu’il a passés à la tête de l’Opéra de Chemnitz, en Allemagne, il a présenté et enregistré de nombreux ouvrages dont personne n’avait jamais entendu parler: «Je trouve passionnant de diriger une partition reléguée aux oubliettes car il n’existe pas de référence, il n’y a pas de documentation, ni sonore ni écrite, vous partez entièrement de zéro, c’est comme rencontrer quelqu’un pour la toute première fois. Cela dit, tout est très relatif car j’ai dirigé jusqu’ici beaucoup plus d’ouvrages connus que de raretés, mais il est vrai que par rapport à d’autres chefs, j’ai à mon palmarès pas mal d’œuvres inconnues.» En outre, exhumer des raretés peut se révéler un travail passionnant: «J’ai aussi beaucoup appris en étudiant les partitions de compositeurs peu connus ayant vécu en même temps que Beethoven. On est amené à se poser des tas de questions: pourquoi Beethoven est-il si connu et ses contemporains pas? Ses partitions sont-elles tout simplement meilleures? Ou est-ce le fruit du hasard, des circonstances? Le fait de jouer des ouvrages moins connus nous fait aussi prendre conscience que les grandes œuvres populaires sont un cran au-dessus.»

Avec Wagner, Richard Strauss est le compositeur préféré de Frank Beermann. Et parmi les œuvres de ce dernier, le chef affectionne tout particulièrement les ouvrages «miniatures», comme il les appelle, ceux dont l’effectif orchestral est relativement peu important. Il cite en exemple «Les Métamorphoses», partition écrite pour 23 instruments à cordes, ou, dans la production lyrique, «Ariadne auf Naxos». Le maestro se réjouit donc tout particulièrement de revenir à Lausanne cette saison pour diriger l’ouvrage: «Lorsque j’ai commencé de répéter «Les Joyeuses Commères» avec l’OCL en 2014, je me suis dit que ce serait un rêve de diriger «Ariane» à Lausanne avec cet orchestre. Et le rêve va bientôt se réaliser. J’en suis très heureux car «Ariadne auf Naxos» est l’un des opéras que je préfère. L’orchestration est incroyable, et l’intrigue tout simplement tout simplement extraordinaire, avec ses deux parties si différentes l’une de l’autre sur le plan musical.» On ne saurait imaginer meilleur avocat pour cet opéra si singulier.

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