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Gauthier Toux passe la troisième à Vevey

Le pianiste s’installe pendant deux semaines à l’Oriental pour jouer le répertoire de son prochain album. Rencontre

Le pianiste Gauthier Toux poursuit sa course sur le clavier, à Vevey, pour préparer l'enregistrement de son nouvel album.
Le pianiste Gauthier Toux poursuit sa course sur le clavier, à Vevey, pour préparer l'enregistrement de son nouvel album.
PHILIPPE MAEDER

Il donne rendez-vous après l’un des derniers examens de son master en pédagogie musicale. La note? 5,7. Gauthier Toux est plutôt du genre bon élève. Le bosseur de 24 ans ne s’en cache pas. C’est d’ailleurs pour étudier à la Haute Ecole de musique que le Français de Chartres a migré il y a six ans à Lausanne. «J’avais le choix entre ici et Amsterdam, mais je ne regrette pas mon choix, je pense que c’est l’une des meilleures choses qui me soient arrivées.»

Lauréat du prestigieux Concours de Jazz à la Défense l’an dernier, le pianiste ne se voit pourtant pas comme un musicien qui brûlerait les étapes, depuis sa découverte, à l’âge de 14 ans, dans les disques de crooners de son père, de l’album Conférence de Presse d’Eddy Louiss et Michel Petrucciani. «Même si j’ai commencé à jouer en public vers les 15 ans, c’était surtout dans des cafés. Faire le métier jeune, ça peut aider, mais l’âge n’a pas d’importance dans le jazz. C’est une musique où chaque chanson raconte une histoire et, en ce sens, l’expérience est un atout.» Depuis, il a puisé dans les grandes épopées du passé – Bud Powell, Oscar Peterson, Keith Jarrett et Herbie Hancock en conteurs avisés – mais rajeuni son sens de la narration à l’écoute de ce qu’il appelle la «jeune génération»: un Tigran Hamasyan admiré, Gerald Clayton, Aaron Parks, Robert Glasper.

L’amateur de musique qui fréquente un tant soit peu les lieux où s’exprime le jazz a déjà eu de nombreuses chances d’écouter son trio où officient le batteur Maxence Sibille et le bassiste Kenneth Dahl Knudsen dans une logique de groupe, soudé autour d’un son organique. «Mais il y a encore des salles où nous n’avons pas joué», concède-t-il avec la précision du faux modeste. La prochaine est celle du théâtre L’Oriental, à Vevey, où il s’installe pendant près de deux semaines à l’enseigne de Live In Vevey. «L’idée est de travailler le répertoire du prochain album, déjà écrit à moitié, pour roder les morceaux avant l’enregistrement en septembre.»

Pour l’occasion, le pianiste étoffe sa palette instrumentale en doublant la mise et passant au sextet pour une partie de son nouveau projet, avec Christophe Panzani au saxophone, Zacharie Ksyk à la trompette et Erwan Valazza à la guitare. «Pour varier les timbres et les plaisirs, ouvrir l’écriture à plusieurs voix, mais pas forcément pour faire plus gros, plus fort.» Le concert, c’est aussi le champ d’expérimentation de l’improvisation. «Sur scène, c’est la quête ultime. Sur 10 minutes de jouées, il n’y en a parfois que 3 d’écrites. Il n’y a pas une bonne façon de jouer un morceau, il y a celle du jour, qui ne sera pas celle du lendemain.»

Après More than Ever, premier disque confidentiel – «enregistré pour nous» – et l’excellent et très dynamique Unexpected Things, paru l’an dernier chez NoMadMusic, «au bon impact», le prochain représente une nouvelle étape. «Fatalement, on est connus dans le milieu donc on est aussi un peu attendus.» Un peu de patience car la galette ne devrait pas sortir avant début 2018, une raison de plus pour rallier l’Oriental ces prochains jours…

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