Grand Blanc à grand bruit au Romandie

ConcertLe groupe français, froid et sombre, joue à Lausanne vendredi. Propos

Le groupe originaire de Metz se paie le luxe de deux chanteurs: Camille et Benoît (3e depuis la g.).

Le groupe originaire de Metz se paie le luxe de deux chanteurs: Camille et Benoît (3e depuis la g.). Image: SONY/LDD

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La communication s’ouvre sur des éclats de décibels. Il est 10 h du matin, mais Grand Blanc répète déjà. «La bonne cadence: on aime jouer», assure au téléphone Benoît David, membre du groupe né dans la région de Metz. «On bosse. Au départ, on ne se sentait pas faits pour la scène, mais depuis Rock en Seine, et les bons retours directs du public, on y a pris goût. On a les crocs.» Depuis la sortie de l’album Mémoires vives, en février, la bande pose en évidence dans l’émergence d’une scène française évoluant dans les souvenirs réfrigérés du post-punk.

«Il faut s’entendre, réclame le chanteur du groupe (avec Camille). On a beaucoup de synthé, mais ce n’est pas le propre des eighties. On a écouté pas mal de new wave et de synthwave, mais c’est un peu derrière nous. On ne cherche pas la référence.» Si un territoire devait se dessiner dans un éventuel retour au passé, ce serait sans conteste l’Europe. «Des scènes qui ont beaucoup chanté dans des langues vernaculaires, le français, l’allemand, le grec – des langues non musicales! On a été vachement touchés par Stephan Eicher, capable de passer de la new wave en allemand, avec son frangin dans Grauzone, à de la variété française. Il y a là une liberté de création musicale dans l’agrégat de l’industrie musicale.»

Daft Punk et outre-tombe

Benoît David assure que, s’il n’avait pas plongé dans la musique, il serait prof de lettres. D’où, peut-être, le raccourci qu’il ose sur la musique de Mémoires vives: «Un titre très littéraire et en même temps informatique. On se situe entre Random Access Memories de Daft Punk et les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand.» L’attachement à la langue française vient probablement de ses antécédents littéraires.

«C’est important, mais pas militant. On ne veut casser les couilles à personne et on ne sacralise pas la chanson française, mais cela nous a permis de tourner le dos à l’anglais, une pop associée au monde de la marchandise, de la pub et de la communication, sans pour autant faire partie des résistants qui boivent du vin rouge en récitant du Baudelaire dans certains bars de Paris. Nous voulons aborder des sujets non nobles avec des mots qui le sont tout autant.»

La ville de Grand Blanc, ce requin du Nord, c’est plutôt Metz la Lorraine, le lieu des origines. «Les longs hivers, les friches industrielles créent un réflexe esthétique, sans avoir pour autant bossé dans un carreau de mine. Il y a aussi l’histoire, l’Allemagne toute proche. La région n’est pas plus politisée qu’une autre, mais le passé y est assez présent… C’est comme le groupe La Femme de Biarritz, leur côté pro-surf s’entend!»

Dans la constellation française louvoyant entre Taxi Girl et Jacno sous l’astre de Joy Division, Grand Blanc cite encore volontiers Bagarre. Et, même si leur musique exprime souvent un grand froid intérieur, ces énervés ne veulent pas s’abandonner à l’immobilité. «Notre musique est peut-être boiteuse, elle est aussi dansante, malgré le côté violent, noir et torturé. Au fond, nous sommes optimistes, il faut trouver des moyens de récuser un environnement rythmé par les tracas, le stress.» Le Romandie cédera-t-il à L’amour fou? A vérifier vendredi soir, à Lausanne.

(24 heures)

Créé: 17.11.2016, 09h32

Un album et un concert

Mémoires Vives
Grand Blanc
Entreprise (distr. Sony)

Lausanne, Le Romandie
Vendredi 18 (22h)
Rens.: 021 311 17 19
www.leromandie.ch

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