Gregory Porter ou la classe du crooner

Montreux JazzLe chanteur ravive avec force la flamme historique du jazz vocal masculin. Critique.

Gregory Porter au Jazz Club de Montreux, mardi. La force d'un grand calme.

Gregory Porter au Jazz Club de Montreux, mardi. La force d'un grand calme. Image: MARC DUCREST

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Depuis la disparition des grands crooners historiques, le jazz vocal masculin peine à maintenir les splendeurs de sa tradition. Kurt Elling, David Linx ou Harry Connick Jr font de la résistance, mais peinent à porter le flambeau. Pour alimenter le feu, il faut désormais compter sur Gregory Porter, assuré d’occuper le trône depuis la révélation internationale de son album «Liquid Spirit» en 2014.

Au Jazz Club, à Montreux mardi, le chanteur à forte stature arborait son éternelle casquette à rabat vissée à la lisière des yeux, signe distinctif qu’il n’abandonne jamais. Juché sur un impeccable quartet batterie-basse-piano-saxe, le gentleman afro-américain ouvre avec l’un de ses tubes, un «Holding On» tiré de l’album «Take Me To The Alley».

Même si le son n’est pas encore au point, sa voix basse réalise déjà des miracles de justesse. Dans ses modulations, Gregory Porter ne fait pas que chanter, il raconte une histoire au-delà des mots, d’ailleurs toujours admirablement distincts dans son phrasé.

De retour dans ce qu’il qualifie de «festival des festivals» (il était venu à Montreux en 2013), le colosse vocal ne force pas son talent mais assure avec sérénité, même entre les morceaux où sa faconde de jeune sage ou de père attentionné (pour introduire «Don’t Lose Your Steam») fait merveille.

Peu d’incartades, si ce n’est soul («Papa Was a Rollin’Stone» des Temptations et «Hit The Road Jack» de Ray Charles), mais la force tranquille de celui qui prône la bienveillance («Take Me To The Alley» ou «When Love Was King») et la consolation («Illusion»).

Et ce fils qui n’a presque pas connu son père n’hésite pas à ouvrir le livre de ses propres incertitudes avec «I Wonder Who My Daddy Is». La classe. (24 heures)

Créé: 11.07.2018, 19h21

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