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Herbie ne rime pas avec Melody

A Montreux jeudi, Herbie Hancock et Chick Corea ont peiné là où une Melody Gardot blues-pop s’imposait. Critique.

En termes d'aura populaire, Melody Gardot a fait beaucoup mieux au Stravinski que les complications des pianistes Herbie Hancock et Chick Corea.
En termes d'aura populaire, Melody Gardot a fait beaucoup mieux au Stravinski que les complications des pianistes Herbie Hancock et Chick Corea.
LAURENT GILLIERON, Keystone

Non, Chick Corea ne s’essayait pas au «high score» d’un nouveau jeu vidéo pendant que Herbie Hancock perdait le contrôle de sa manette. Jeudi soir, au Stravinski, les deux stars du clavier délivraient un exercice d’acrobaties electro multipliant les sons bizarres, évoquant Tangerine Dream et Aphex Twin, sans oublier les samples de voix «arte povera» assénés par Hancock. Drolatique et hétéroclite, la performance permettait d’échapper un moment au dialogue pianistique des stars (avantage net de technicité à Corea), enchevêtrant bavardages et illuminations sur le fil d’une improvisation aux tonalités plutôt classiques que jazz, mais trop souvent brouillonne. Même le Cantaloupe Island de Hancock se retrouvait disséqué au bistouri allusif, perdant son groove dans cette course à la complication inutile. Il était facile d’imaginer Keith Jarrett ricaner, en champion de l’exigence technique et artistique.

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