Passer au contenu principal

JazzOnze + démarre fort avec Peirani et Garbarek

Le festival lausannois a fait le plein avec une première soirée de haut vol.

Le saxophoniste et compositeur Jan Garbarek (ici à la 7e édition du Bucarest Jazz Festival en juillet 2018) a enchanté son public du Casino de Montbenon.
Le saxophoniste et compositeur Jan Garbarek (ici à la 7e édition du Bucarest Jazz Festival en juillet 2018) a enchanté son public du Casino de Montbenon.
EPA/Bogdan Cristel, Keystone

«Dans la nouvelle salle du BCV Concert Hall, nous voulons vous présenter les futures légendes du jazz, là où, à la salle Paderewski, jouent les légendes confirmées.» Au moment d’ouvrir la 31e édition du festival JazzOnze +, mercredi soir au Flon – une première –, le directeur artistique Gilles Dupuis annonçait une partition géographique inédite pour sa manifestation et qui sera probablement difficile à tenir sans faille vu la raréfaction de la denrée légendaire.

Ce soir-là, l’idée s’ajustait parfaitement, et à la configuration des lieux et à la programmation. Personne n’allait en effet contester le statut légendaire du souffleur Jan Garbarek, compagnon de route de Keith Jarrett, pionnier des dialogues avec les musiques du monde et figure d’ECM auquel il a légué un son, une attitude, qui font encore les beaux jours du label.

Mais c’est le quintet «Living Being» de l’accordéoniste Vincent Peirani qui ouvrait les feux au BCV Concert Hall avec une prestation enflammée culminant avec sa reprise de «Kashmir» et «Stairway to Heaven» de Led Zeppelin. Avec son collègue Emile Parisien, toujours aussi flamboyant au saxophone alto, le musicien livre une musique qui prend de la densité en live avec un son de groupe très au point, relevé par les enluminures du Fender Rhodes. Que ce soit dans ses propres compositions – un «Nightcrawler» de noctambule, étoilé et trépidant – ou dans ses reprises – un «Bang Bang» adouci, en suspension; un «Cold Song» du «pote» Purcell –, l’engin décolle et l’accordéon de se délester des a priori de «ringardise».

Plus tard, au Casino de Montbenon, Jan Garbarek prenait le relais avec un concert qui n’avait rien de compassé ou d’austère, comme on aurait éventuellement pu l’attendre de la part du Norvégien. Lyriques, mais aussi enjouées, ces deux heures de musique ont même été égayées par un esprit assez farceur, à savoir le percussionniste Trilok Gurtu qui n’hésitait pas à mettre la main dans un seau d’eau pour colorer ses rythmes de nouveaux sons. Une Inde joueuse passait donc dans les paysages musicaux lancinants et élégiaques d’un Garbarek de 71 ans à la forme olympienne, obstiné dans sa poursuite poétique des phrases entêtantes et infiniment variées. Boris Senff

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.