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Jeanne Added en ajoute une couche

Après des débuts explosifs, la chanteuse française vient de sortir «Radiate». Rencontre avant son concert de ce vendredi.

L’ex-chanteuse de jazz Jeanne Added vient de sortir l’album «Radiate», plus doux mais encore déglacé aux sons post-punk.
L’ex-chanteuse de jazz Jeanne Added vient de sortir l’album «Radiate», plus doux mais encore déglacé aux sons post-punk.
JULIEN MIGNOT

Les Vaudois ont eu l’occasion de l’entendre éclore puisque Jeanne Added, fille de Reims montée à Paris, est déjà venue au défunt Pully For Noise en 2014 et au Festival de la Cité de Lausanne en 2015. À ce moment, la chanteuse évoluait dans l’orbite de son premier album solo, loin des galaxies jazz françaises qu’elle avait auparavant fréquentées, aux côtés du violoncelliste Vincent Courtois, du pianiste Baptiste Trotignon ou du saxophoniste Vincent Lê Quang.

«Be Sensational», lyrique mais aux syncopes synthétiques, sonnait comme un avertissement infusé de rage, ouvert par un titre aussi optimiste que «A War Is Coming». Alors qu’elle a adouci le propos avec son nouvel enregistrement, un «Radiate» concocté avec le duo Maestro du label Tiger Sushi, ses yeux d’un bleu métallique n’expriment aucune reconnaissance pour son époque d’avant. «Le jazz était une pratique qui donnait une suite à ma formation musicale. J’ai vu de la lumière en ado qui cherchait un endroit où s’exprimer. Mais je ne m’y sentais pas moi-même. Longtemps, cela ne m’a pas gênée… C’était une mode, vocaliste dans le jazz contemporain.»

Femme générationnelle

Aujourd’hui, alors qu’elle est attendue aux Docks de Lausanne, on la classerait en effet plus volontiers dans la génération hexagonale de La Femme, Grand Blanc, Feu! Chatterton, Flavien Berger ou Lescop, ce dernier n’hésitant pas à résumer la situation actuelle: «À la jonction de la chanson française et de l’underground punk ou new wave, il se dessine une nouvelle variété française, un pied dans chaque monde.» Jeanne Added, elle, ne cherche pas à tout prix à se revendiquer du rock, préférant renvoyer à certaines ritournelles du Moyen Âge ou au R & B actuel. «Mais je n’envisage pas la musique en termes de styles, elle vient et bouge naturellement, intégrant les différentes expériences de ma vie, sans que le geste soit le même.»

Une approche ne change pas. Ses chansons cultivent toujours des formes dépouillées. «Ma sensibilité est plutôt minimale, je ne cherche pas de complexité orchestrale. Pour «Radiate», je n’ai pas cessé d’enlever des éléments au fil de l’enregistrement, à la recherche de solutions dans le moins.» Très «physique», voire «charnelle» dans sa manière d’empoigner le son, elle fait de même en partant des textes, rédigés en anglais. «J’écris beaucoup sur des sensations, je n’en suis pas encore à raconter des histoires. Mais tout peut arriver.»

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