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Johnny Hallyday: poches percées et démêlés fiscaux

Johnny Hallyday s'est éteint à 74 ans. Les questions d'argent l'ont poursuivi toute sa vie. Amateur de voitures et de motos, il menait grand train.

Laeticia Hallyday a renoncé à faire appel du jugement qui a consacré la compétence des tribunaux français pour trancher le litige qui l'oppose aux enfants aînés de son mari Johnny Hallyday concernant son héritage, a-t-on appris auprès de la cour d'appel de Versailles mardi 15 octobre 2019. (mardi 15 octobre 2019)
Laeticia Hallyday a renoncé à faire appel du jugement qui a consacré la compétence des tribunaux français pour trancher le litige qui l'oppose aux enfants aînés de son mari Johnny Hallyday concernant son héritage, a-t-on appris auprès de la cour d'appel de Versailles mardi 15 octobre 2019. (mardi 15 octobre 2019)
AFP
Laeticia Hallyday a fait appel du jugement rendu fin mai par le tribunal de Nanterre qui a retenu la compétence de la justice française pour trancher le litige sur l'héritage du chanteur (8 juillet 2019)
Laeticia Hallyday a fait appel du jugement rendu fin mai par le tribunal de Nanterre qui a retenu la compétence de la justice française pour trancher le litige sur l'héritage du chanteur (8 juillet 2019)
AFP
L'une des premières photos de Johnny qui pose avec son fétiche.
L'une des premières photos de Johnny qui pose avec son fétiche.
AFP
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Train de vie dispendieux, dettes et démêlés fiscaux: le rapport de Johnny Hallyday avec l'argent est jalonné de hauts et de bas.

Monument national décédé dans la nuit de mardi à mercredi, «Johnny» a été une figure régulière du classement annuel des chanteurs français les mieux payés (2e en 2016, avec 16 millions d'euros de revenus, selon le magazine Capital).

En 60 ans de carrière, l'ancien gamin sans le sou, né d'un père belge, a accumulé chiffres de ventes vertigineux (plus de 100 millions de disques) et tournées marathon. Il a aussi conclu de juteux contrats publicitaires et investi, avec plus ou moins de bonheur, dans diverses affaires (boîtes de nuit, vignobles, restaurant...). Sans compter les revenus tirés des produits dérivés.

Travailleur pauvre

Mais «contrairement à une idée répandue, Johnny est un travailleur pauvre , qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n'a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant. Il ne possède pas de capital, excepté son patrimoine immobilier», affirmaient les journalistes Catherine Rambert et Renaud Revel dans leur livre «Johnny, les 100 jours où tout a basculé» (2010).

Amateur de voitures et de motos de collection, menant grand train, Johnny voyageait au gré des saisons entre ses résidences de Gstaad (station huppée des Alpes suisses), Saint-Barthélémy dans les Antilles, Marnes-la-Coquette (ouest de Paris) et Los Angeles.

Une toile d'Andy Warhol

Il dépensait aussi sans compter pour ses proches et innombrables «potes» invités de ses virées aux quatre coins du monde. Un de ses amis a ainsi raconté avoir dû dissuader la star de lui offrir sur un coup de tête une toile d'Andy Warhol.

En 2004, son divorce douloureux avec sa maison de disques Universal avait jeté une lumière crue sur ce côté «panier percé».

Johnny avait alors accusé Universal d'avoir mis en place un «système» pour l'asservir en profitant de sa situation financière désastreuse et tenté - en vain - de recouvrer la propriété des bandes originales de ses chansons.

Couvert d'hypothèques

Les procès qu'il a intentés à sa maison de disques ont été l'occasion d'un grand déballage. On y a découvert un rockeur couvert d'hypothèques, faisant appel à son label pour payer ses factures, éponger ses dettes et assouvir ses caprices... comme ce prêt de 5 millions d'euros destiné à l'achat d'un yacht.

Au fil des années, Universal s'était porté garant auprès du fisc, avait racheté sa maison de Ramatuelle dans le sud de la France et un hôtel particulier dans le très huppé XVIe arrondissement de Paris. En contrepartie, Johnny avait régulièrement accepté des modifications de son contrat, lui avait cédé ses droits à l'image et ceux sur le merchandising.

Le fisc

Ses démêlés avec le fisc ont aussi abondamment défrayé la chronique, au point de devenir un sujet politique.

Dès 1975, l'administration fiscale l'a fait condamner à de la prison avec sursis et exigé le remboursement de cent millions de francs d'arriérés, ce qu'il n'a fini de faire que dans les années 1990.

Assujetti à l'ISF, impôt sur les Français les plus fortunés, il s'est régulièrement retrouvé au coeur de polémiques sur les exilés fiscaux. Comme en 2006, lorsqu'il a demandé la nationalité belge -- en souvenir de son père, disait-il --, avant d'y renoncer. Puis quand il a décidé de s'établir une partie de l'année en Suisse, expliquant en avoir «marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu'on nous impose comme impôts». A quelques mois d'une élection présidentielle, ses propos avaient déclenché une tempête politique.

Domicile fiscal à Gstaad

Johnny Hallyday a résidé dans le chalet qu'il avait acquis à Gstaad (BE). Il l'avait acheté en 2006 dans la station huppée de l'Oberland bernois. Il en avait fait son domicile fiscal - y passant six mois et un jour par an jusqu'à la fin 2012 - avant de s'établir à Los Angeles

Ces dernières années, il était devenu résident fiscal aux Etats-Unis, où ses plus jeunes filles étaient scolarisées.

«En France, la réussite, c'est louche, on trouve ça dégueulasse», déplorait-il en 2013 dans son autobiographie «Dans mes yeux».

AFP/ ats

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