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Les joies de la mythologie en carton pâte

A Lausanne, «La belle Hélène» d’Offenbach offre un terrain de jeu loufoque à Michel Fau.

Le défilé des héros de la Grèce antique dans les costumes de Diane Belugou et les décors d'Emmanuel Charles
Le défilé des héros de la Grèce antique dans les costumes de Diane Belugou et les décors d'Emmanuel Charles
Alan Humerose

La parodie est aussi ancienne que la tragédie. Il y a 25 siècles, Aristophane se moquait déjà d’Euripide. En 1864, Jacques Offenbach faisait de même, et en musique, avec «La belle Hélène». Ce qui frappe au fond, c’est la permanence des mythes jusqu’à aujourd’hui, qu’on les glorifie ou qu’on s’en moque, au cinéma («Troie»), à la télévision et en bande dessinée («La sagesse des mythes», «Les petits Mythos»). Doté d’un humour certes plus potache que subversif, Michel Fau s’empare de l’opéra bouffe d’Offenbach à l’Opéra de Lausanne, avec la ferme intention de se payer la poire (et la pomme!) des dieux et des héros antiques.

Le comédien metteur en scène, qui incarne aussi un pathétique Ménélas drapé en statue de la Liberté, réussit à faire vivre ses personnages caricaturaux affublés de costumes ridicules dans des décors de guingois où le carton-pâte est roi. C’est que Michel Fau dispose d’une riche kyrielle d’interprètes aussi bons chanteurs qu’acteurs, où brillent en particulier l’Agamemnon cramoisi de Christophe Lacassagne, le Calchas emplumé de Jean-Claude Sarragosse, le Pâris bellâtre de Julien Dran. Long nez grec, port de reine, voix lyrique et charpentée, Julie Robard-Gendre incarne une Hélène plus romantique que coquine, à la diction perfectible, et qui joue à fond la victime de la fatalité.

Le plus séduisant dans l’affaire est aussi l’hommage que Michel Fau rend à l’histoire de l’opéra à travers Offenbach, et en particulier à la tragédie lyrique française. Le jeu frontal des chanteurs, les décors coulissants, les mimiques codifiées des dieux figurants et les poignantes séquences chorales, le tout assaisonné par un Sinfonietta élastique fouetté par Pierre Dumoussaud, font de cette «Belle Hélène» l’héritière directe du «Platée» de Rameau. Un élixir d’irrévérence. Dans ces conditions, on part pour Cythère sans hésitation.Matthieu Chenal

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Lausanne, Opéra

Ve 27 (19h), di 29 (15h), lu 30 et ma 31 (19h) Rens.: 021 315 40 20www.opera-lausanne.ch

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