Un joyeux 333e anniversaire!

ClassiqueLe Festival Bach de Lausanne réunit les meilleurs interprètes pour jouer sa musique, celle de ses contemporains, prédécesseurs et inspirateurs.

Christophe Rousset (clavecin) joue samedi au Conservatoire de Lausanne et inspire des danses improvisées à Alban Richard.

Christophe Rousset (clavecin) joue samedi au Conservatoire de Lausanne et inspire des danses improvisées à Alban Richard. Image: Agathe Poupeney

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Bach 333», telle est la formule magique du 21e Festival Bach de Lausanne, du 2 au 25 novembre. 2018 marque en effet les 333 ans de la naissance de Jean-Sébastien Bach. Évidemment, la manifestation fondée par l’organiste Kei Koito n’a pas la primeur de cet anniversaire, repéré par l’éditeur Universal, lequel fait paraître ces jours-ci sous ce titre un énorme coffret réunissant 222 disques, des livres et un DVD (bach333.com) qui couvrent l’édition complète du cantor de Leipzig et quantité de bonus.

Ce chiffre permet aussi de faire un peu de numérologie dont on sait que le compositeur luthérien était friand: le chiffre trois représente évidemment pour Bach le Père, le Fils et le Saint-Esprit de la Trinité, 3+3+3 = 9, 9 étant la glorification de la Trinité. Or 3x3x3 = 27 et 2+7 font 9 également. On sait aussi que Bach a composé 9 messes liturgiques et 27 pièces d’orgue pour son recueil «Clavier-Übung III» (autant que de livres dans le Nouveau Testament). On peut multiplier à l’infini ces exemples qui ne seront jamais des preuves, mais leurs présences récurrentes dans son œuvre ne sont certainement pas dues au hasard. «C’était sans doute pour Bach une manière d’exprimer à sa façon l’harmonie de l’univers», déclare Nicholas Kenyon, l’éditeur de la somme «Bach 333».

Pour le Festival Bach, cette porte d’entrée symbolique est surtout l’occasion de programmer ou de reprogrammer des œuvres majeures de Bach: le «Magnificat», la «Messe en la», le motet «Jesu, meine Freude», des cantates et des partitas… L’édition 2018 permet de faire revenir quelques grands interprètes qui ont marqué le festival, comme Christophe Rousset, ce samedi 3 novembre. Le claveciniste offre un récital surprise de suites de Couperin chorégraphiées dans l’instant par le danseur Alban Richard.

Les prédécesseurs de Bach

Le festival s’attache aussi à faire découvrir les prédécesseurs et contemporains de Bach, dont le quasi oublié Philipp Heinrich Erlebach (1657-1714) révélé par Damien Guillon (ve 23) et Jan Dismas Zelenka (1679-1745). Bien que formé à Prague, en Italie et à Vienne, Zelenka passa la plus grande partie de sa vie à Dresde, en charge de la musique à la chapelle catholique de la cour, où il demeure solitaire, mélancolique et peu connu.

Par sa naissance en Bohème, on l’appelle volontiers le «Bach tchèque», car il reste le compositeur baroque le plus important de cette région. Bach le connaissait et l’estimait beaucoup. Sa musique instrumentale est toujours chatoyante, ses pages solistes extrêmement brillantes et frappantes par l’emploi de chromatismes audacieux et ses pages chorales de magnifique ampleur. C’est une musique qui avance et remue. On s’en rendra compte lors de deux concerts, l’un avec le contre-ténor Max Emanuel Cencic ce vendredi 2 novembre, qui associe des airs issus de motets et d’oratorios de Zelenka à la plus belle cantate pour alto de Bach, «Widerstehe doch der Sünde», l’autre avec des extraits des «Responsoria pro hebdomada sancta» le vendredi 16 novembre par le Collegium 1704 de Václav Luks. (24 heures)

Créé: 31.10.2018, 22h21

Aperçu du programme

Musée historique:
vendredi 2 (18h30) conférence de Gilles Cantagrel.

Cathédrale:
vendredi 2 (20h30), Max Emanuel Cencic, nuovo barocco.

Conservatoire:
samedi 3 (20h), Christophe Rousset et Alban Richard.

Saint-François:
vendredi 9 (20h), Tölzer Knabenchor, Concentus Musicus Wien.

Salle capitulaire de la cathédrale:
jeudi 15 (20h), François Joubert-Caillet.

Saint-François:
vendredi 16 (20h), Collegium 1704.

Saint-Laurent:
samedi 17 (20h), Monica Huggett.

Renseignements: 024 543 00 74 ou
monbillet.ch

Articles en relation

Cédric Pescia prélude et fugue avec fougue, de Bach à Boulez

Musique Le rendez-vous annuel du pianiste à Kléber-Méleau cultive toujours les grands cycles et associe des musiciens rares. Plus...

Le Festival Bach fête 20 ans d’excellence

Classique Par son exigence dans le détail et sur la durée, la manifestation arrive à pousser les artistes à se dépasser. Démonstration avec Leonardo García Alarcón. Plus...

Les ordinateurs prêts à faire de l'ombre à Bach ou Beethoven?

Intelligence artificielle Un algorithme développé par des scientifiques de l'EPFL permet de générer des mélodies d'un style musical choisi. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.