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Lana Del Rey en hippie à Paléo?

On aime quand la chanteuse fait la moue, même sur la Grande Scène.

Lana Del Rey, presque au naturel dans une zone boisée non identifiée.
Lana Del Rey, presque au naturel dans une zone boisée non identifiée.
DR

Il paraît déjà si loin le temps où le monde entier se gaussait de Lana Del Rey à la sortie de sa prestation à l’émission «Saturday Night Live» en janvier 2012, année où sortait son premier album officiel, «Born to Die». Tout le monde prédisait une carrière météoritique à la bimbo aux lèvres refaites et au style glamour fifties. Trois albums plus tard, la chanteuse qui empruntait son prénom artistique à Lana Turner (et son patronyme à une marque d’avocats ou une collection de S.-F.?) a imposé son personnage, créature «lynchienne» croisant le vintage aux critères contemporains, notamment hip-hop.

Dans sa neurasthénie qui s’accorde si bien à l’ère Trump, Lana Del Rey est une chanteuse qui ne sait pas toujours très bien si elle a fauché les barbituriques de Marilyn Monroe ou le flacon de codéine de ses copains rappeurs. Ou alors elle ne le sait que trop bien, développant son phrasé languide, oscillant entre hésitations juvéniles et lamento de femme fatale, sur le registre d’une anti-séduction où sa morosité affichée contraste avec son look de jeune fille en fleur…

Après deux passages au Montreux Jazz en 2012 au Miles Davis Hall et en 2016 au Stravinski, Lana Del Rey monte encore en puissance en s’invitant cette année sur la Grande Scène du Paléo, festival où elle arrive mercredi en fin de soirée en tête d’affiche évidente (avec The Cure, le lendemain). La proximité d’un palace convenait à l’aura de cette «it girl» moirée de luxe ambivalent, mais le terrain, vaguement «woodstockien», de l’Asse sera-t-il assorti au teint de la désormais égérie Gucci?

Si elle avait déjà essayé des habillages plus rock avec Dan Auerbach des Black Keys sur «Ultraviolence» (2014), l’imprévisible Lana Del Rey pourrait finalement (presque) se transformer en folk singer, du moins à écouter les quelques nouveaux titres mis en ligne depuis peu. Son nouvel effort studio, annoncé sous le titre de «Norman Fucking Rockwell», était prévu pour mars. Mais cet album au titre en hommage au fameux illustrateur du «Saturday Evening Post» ne sera publié qu’après l’été…

En attendant, outre sa reprise «Doin’Time» de Sublime et Gershwin inversant encore une fois les codes estivaux sept ans après «Summertime Sadness», ses nouvelles chansons évoluent dans des registres épurés, comme le poignant piano-voix de «Hope Is a Dangerous Thing For a Woman Like Me To Have – But I Have It», citant le nom de la poétesse Sylvia Plath avec des inflexions dignes de Joan Baez.

Ou un «Venice Bitch» (sic) de près de dix minutes, aux fines putasseries boisées (et electro), que pourrait lui avoir inspiré sa récente collaboration avec Cat Power.

Faudra-t-il s’asseoir en cercle sur la prairie autour d’une Lana guitare en bandoulière? Love & peace (of shit?)!

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