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Laurène Paternò séduit à l’Opéra de Lausanne

Jeudi, la 2e édition du Concours Kattenburg a révélé des interprétations contrastées. La soprano franco-italienne remporte le 1er prix à l’unanimité.

Cécile Houillon, Joël Terrin, Julia Deit-Ferrand, Jean Miannay et la lauréate du 1er prix, Laurène Paternò.
Cécile Houillon, Joël Terrin, Julia Deit-Ferrand, Jean Miannay et la lauréate du 1er prix, Laurène Paternò.
OLIVIER WAVRE

Durant les trente minutes précédant le coup d’envoi de la finale du Concours de chant lyrique Kattenburg à l’Opéra de Lausanne, les cinq jeunes finalistes sont restés cloîtrés dans leur loge, déjà maquillés et en costume. Concentration oblige. Une première étape pour entrer dans la peau du personnage. Impossible de prendre le pouls, donc – comme on les comprend! Dans la grande salle, l’Orchestre de la Haute École de musique de Lausanne (HEMU) s’affaire aussi, dans la fosse, en attendant le chef John Fiore. L’Américain pose en pointure habituée des ensembles prestigieux. Les musiciens accordent leurs violons, les sons se mêlant aux pas d’un public aux aguets, composé de proches des jeunes pousses. Patience.

Fin septembre, douze candidats – étudiants en chant à la Haute École de musique de Lausanne (HEMU) ou titulaires d’un master de l’établissement durant les cinq dernières années, c’est la règle – ont concouru pour une place en finale. Jeudi, lors de cette dernière étape, le résultat est unanime. La soprano franco-italienne Laurène Paternò est honorée du 1er prix (30'000 fr.) – un beau tremplin pour cette nouvelle diplômée de la HEMU et déjà finaliste l’année passée. La récompense est délivrée par un jury de six personnalités, dont le directeur de l’Opéra de Lausanne Éric Vigié et Todd Camburn, responsable du concours. «Je la suis depuis ses premiers pas dans notre cursus bachelor», relate ému ce dernier, aussi responsable du département vocal de la HEMU, à l’issue de la cérémonie dans le grand salon où les amuse-bouches débarquent à profusion. Et de rajouter: «Sa voix a énormément gagné en beauté, en maturité. Avec sa détermination et sa personnalité, je lui souhaite d’aller très loin.»

Vitalité et jeunesse

Sur scène, Laurène Paternò livre deux lumineuses prestations, très éloignées l’une de l’autre. Au moment d’entamer l’air de Magda «Chi il bel sogno di Doretta» issu de «La Rondine», de Giacomo Puccini, la jeune chanteuse de 26 ans se lance à corps perdu dans son personnage, une femme évoquant un rêve d’amour. Dotée d’une technique maîtrisée, portée par sa voix souple et à l’aise dans l’aigu, elle atteint les dernières notes tel un ange qui s’échappe. Et laisse cette voix cristalline doucement s’apaiser. Avec sa seconde performance, elle plonge dans l’air de Marguerite «Ah! Je ris de me voir si belle en ce miroir», tiré de «Faust», de Charles Gounod, incarnant un sentiment de plénitude au moment de céder à la tentation des bijoux offerts par Méphistophélès. «Pour moi, en découvrant le coffre, elle se sent soudain véritablement exister, révèle un peu plus tard Laurène Paternò. C’est ce sentiment que j’ai voulu transmettre à travers ce personnage.»

Les quatre autres candidats (voir encadré) ont également projeté une énergie vitale et très plaisante sur scène. À chaque fois dans un jeu de contrastes amusants. Le baryton suisse Joël Terrin se fait d’abord comique grâce à l’air de Dandini de «La Cenerentola», de Rossini, avec sa voix claire et puissante ainsi qu’une gestuelle généreusement excentrique. Avant de devenir lunaire et charmeur en incarnant une sorte de pierrot, Fritz de l’opéra «Die tote Stadt». Ou comment le jeu se met au service de la technique, et réciproquement.

Cécile Houillon avec son air de Mathile dans «Guillaume Tell» de Gioacchino Rossini, Julia Deit-Ferrand dans la peau de Sesto de «La Clemenza di Tito» de Mozart, et Jean Miannay révélant la part mélancolique du prince Tamino de «La Flûte enchantée», sont aussi convaincants et provoquent les vifs applaudissements du public. «Ce qui distingue les chanteurs d’opéra d’instrumentistes, c’est toute la part scénique, insiste encore Todd Camburn. L’idée est de ne pas trop exagérer, de trouver un équilibre entre l’interprétation, les gestes, et le chant.» Pas facile d’être une jeune chanteuse ou un jeune chanteur aujourd’hui.­

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