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A Lausanne, Catpower vacille toujours en beauté dans son blues

La chanteuse du récent «Wanderer» n’a pas déçu, mardi aux Docks.

Catpower était moins fleurie mardi aux Docks à Lausanne, mais son chant cisaillait toujours les bleus avec art.
Catpower était moins fleurie mardi aux Docks à Lausanne, mais son chant cisaillait toujours les bleus avec art.
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L’épanouissement maternel, le développement personnel et la sagesse de l’âge étaient-ils parvenus à polir Chan Marshall, cette grande zébrure de chanteuse offerte aux sentiments de la douleur? Si tel devait être le cas, on était foutus, livrés aux seuls représentants de la pop hygiéniste pour fitness! Mardi à Lausanne, dans des Docks saturés, celle que l’on connaît mieux sous le nom de Catpower n’a pas lâché le morceau, œuvrant toujours là où susurrer le mal fait du bien. Dans la relative pénombre de la scène qui masque ses traits et – avantage – rend les photographies difficiles, elle chantait ses premiers titres en agitant un bâtonnet d’encens en fille hippie perdue sur la route du blues.

Et c’est bien ce chemin qu’emprunte le début de son concert, redéployant ce timbre à la fois fumé et fêlé, inimitable dans sa manière de frayer entre folk, blues et rock indé, d’une intensité qui confine pourtant à la désinvolture. Car si Catpower possède cette qualité de donner l’impression à ceux qui l’écoutent qu’elle ne chante que pour eux seuls, elle semble aussi parfois chanter pour elle-même, perdue dans une songerie un peu minée, comme si son art lui permettait d’accéder à une intériorité qui lui serait autrement interdite.

Ballades teintées de bleu

La danse de ses bras, un rien désarticulée, trahit ses mouvements intérieurs. La chanteuse de 46 ans vacille comme on chavire, dans des maladresses que l’on dirait parfois voulues. Cadrée par un groupe plutôt carré – batterie claquante et guitare qui joue dans les basses, clavier aux touches de lumières onctueuses – celle qui vient de sortir l’album «Wanderer» bataille aussi avec ses deux micros, mais excelle dans ses ballades teintées de bleu(s).

Ses velléités plus rock touchent moins, sa voix devenant alors redondante avec l’instrumentation. Mais, servant un «Nude as the News» séminal et réinterprété ou déroulant une transe atypique, elle fait mieux que tirer son épingle du jeu. Soudain, comme réveillée au public à la fin de sa prestation, elle s’adresse pour la première fois à la foule, multipliant des souhaits un brin candide au millier de représentants de la société de consommation présents dans la salle. «Prenez soin de vous», répète-t-elle à plusieurs reprises. «Toi aussi!» lui hurle une voix du fond de la salle. La réponse ne tarde pas: «Cela va être difficile…» C’est donc bien elle.

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