«Le live, c’est la vie, une bulle où on a le droit de tout faire»

Rock Oz’ArènesA l’image de Cali, Jain et Nic Maeder déclarent leur amour pour la scène avant leur passage à Avenches.

Image: Keystone

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Dès mercredi, ce sont les arènes d’Avenches qui accueillent décibels et light­shows. L’occasion de faire parler trois artistes de leur rapport à la scène, devenue vitale dans l’industrie musicale.

Le programme 2017 – resserré puisque sans electro ni humour – s’ouvrira en douceur avec Julian Perretta qui arbitrera le match entreCali et Patrick Bruel, aux deux ambiances bien différentes. Le premier promet de se lâcher – «Je me suis fait interdire mes accès à Facebook tellement je déconne en tournée!» – et le second est très attendu par ses fans, notamment sur des morceaux intimistes, mais pas que. Les soirées de jeudi et de vendredi seront un hommage à l’ADN rock du festival avec tout d’abord le retour à Avenches de Marilyn Manson dont le passage en 2005, par moments grand guignolesque, avait désarçonné les amateurs du genre. Il succédera aux Sisters of Mercy qui lui passeront le témoin du metal gothique industriel. Le lendemain, Gotthard assurera la version helvétique des guitares lourdes, avec, le même soir, quelques autres «régionaux» de cuir vêtus sur la scène du Casino.

La soirée de clôture se veut tous publics avec la seule et unique femme sur la grande scène, Jain, qui cédera sa place à Franz Ferdinand puis à Ben Harper. A ne pas rater, le déjanté, déguisé et maquillé groupe La Poison, annoncé comme la surprise de cette édition 2017.

Le live en 5 questions


Cali: «Je suis un troubadour. J’aime caresser le public»


Pour vous, le live, c’est quoi?
Pour moi, c’est la vie entière. Une bulle où tout s’arrête, où on a le droit de tout faire. Dehors, il y a la crise, le chaos et on se donne le droit d’oublier tout cela le temps d’un concert. Je suis un troubadour, la vie sur la route, la scène, c’est ce que j’ai toujours voulu faire. J’aime caresser le public.»

Dans quelle mesure le lieu a-t-il une influence sur le concert?
«J’ai déjà joué dans ces arènes et c’est clair que c’est superbeau et assez fou d’avoir nos loges directement derrière la scène. Mais moi, je peux jouer dans une forêt ou dans un champ, ça m’est égal. C’est l’accueil des gens qui compte, les rencontres. Et dans les festivals, c’est comme sur les places des villages le 14 Juillet: tout le monde vient, des enfants aux grands-parents, dans l’unique but de faire la fête ensemble.»

Quelle est l’importance de la set-list?
«Les chansons partagées avec le public, ce sont elles les réelles vedettes de la soirée. On – je dis «on» parce que je ne suis pas un artiste solo, j’aime dire que nous sommes les Cali, avec mes copains artistes frappadingues – a sorti un album en novembre qui est passé presque inaperçu (ndlr: «Les choses défendues» ). Du coup, on le joue à fond. Mais on fait aussi plaisir aux gens avec les tubes, c’est sûr!»

Un festival, c’est à la fois satisfaire et conquérir, non?
«Satisfaire, oui; conquérir, je ne sais pas. Donner du plaisir en tout cas, c’est central. J’aime bien l’idée que des gens qui ne nous connaissent pas tendent l’oreille et viennent se joindre au mouvement, à cette énergie. On est là pour faire les débiles, pas pour les chiffres!»

La scène, c’est aujourd’hui le moyen de vivre de sa musique?
«C’est tellement vrai ce que vous dites! Le streaming nous tue. Alors, on peut râler dans notre coin, ou on peut partir sur la route défendre nos chansons et vivre, quoi. Une tournée, c’est une colonie de vacances. Dans le bus, on a 12 ans, mais on a permission de faire la fête toute la nuit!»!


Jain: «Je n’ai pas de recette, à part rester sincère»


Pour vous, le live, c’est quoi?
«Le live, c’est ce qui fait vivre l’album, ce qui fait qu’il aura du succès ou pas. Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer celles et ceux qui l’ont acheté. Je n’ai pas de recette miracle, si ce n’est rester sincère. Le seul artifice que j’aie amené, mis à part quelques lumières, c’est la grosse boule transparente à bord de laquelle je surfe sur le public. C’est assez génial, mais pas facile à maîtriser!»

Dans quelle mesure le lieu a-t-il une influence sur le concert?
«Les festivals sont très différents les uns des autres. Les lieux diffèrent, mais aussi les publics, les attentes, les mentalités. J’adore ça, aller à la découverte des gens, les tester et les faire bouger. C’est quelque chose que j’ai découvert assez récemment. Avant l’an dernier, j’avais surtout joué dans des clubs et des salles. Là, je m’éclate!»

Quelle est l’importance de la set-list?
«La set-list, c’est le menu de la soirée et, selon moi, il est vital de bien le composer. Comme avec les mets, il faut qu’il y ait un équilibre. Je reste à l’écoute des réactions et il m’arrive de procéder à des changements. Dans mes concerts, je veux absolument éviter les temps trop longs. J’aligne les chansons dans un ordre bien précis pour faire danser le public, puis lui permettre de se poser aussi un peu. Et entre les chansons, il faut aussi savoir échanger avec les gens.»

Un festival, c’est à la fois satisfaire et conquérir, non?
«Ah c’est clair que quand tu joues avant et après d’autres artistes, le public n’est pas forcément venu pour toi. J’aime le challenge de le faire venir devant la scène et de voir les gens rester puis même danser. Mes titres sont pas mal passés en radio, donc souvent je ne suis pas une totale inconnue.»

La scène, c’est aujourd’hui le moyen de vivre de sa musique?
«Oui, carrément! Si un artiste est mauvais sur scène, moi je n’ai plus envie d’écouter son album, ça me bloque. Les concerts, c’est le moyen de renflouer les caisses en faisant le plein d’adrénaline.»


Gotthard: «On doit mettre une bonne baffe au début!»


Pour vous, le live, c’est quoi?
«C’est tout! C’est là qu’on teste nos nouvelles chansons sur le public. On peut passer des heures en studio à dire que tel morceau est super, mais c’est la scène qui juge. Bon, c’est aussi le délire total, un supermoment de partage entre les six membres du groupe. Personnellement, j’aime aussi beaucoup écrire mais l’essence de notre job, c’est le live.»

Dans quelle mesure le lieu a-t-il une influence sur le concert?
«Le lieu est vraiment important. Avenches ou la Piazza Grande de Locarno sont des endroits magnifiques où jouer. On a tous l’impression de vivre un moment unique. Moi, je préfère nettement les festivals aux concerts classiques pour l’énergie qui s’en dégage et pour croiser les autres artistes.»

Quelle est l’importance de la set-list?
«La set-list parfaite est dure à choisir, surtout pour un groupe comme Gotthard qui a tellement de chansons que le public connaît et attend. Alors on fait des medleys pour frustrer personne. Dans tous les cas, on doit mettre une bonne baffe au début, puis varier entre le puissant et le plus lent. Il y a toujours un moment sur scène, où on s’échange un regard qui veut dire «c’est bon, on les tient!»

Un festival, c’est à la fois satisfaire et conquérir, non?
«Absolument! Les tournées où nous sommes seuls sont plus faciles: le public est venu parce qu’il nous aime. Bon, il ne faut pas décevoir nos fans non plus. Dans les festivals, il y a ce challenge de choper les gens. On vient de jouer à Colmar. Les 50% du public étaient venus pour nous, il a fallu conquérir les autres. Et quand tu y arrives – et on y est arrivés! – c’est génial.»

La scène, c’est aujourd’hui le moyen de vivre de sa musique?
«Le live, c’est notre gagne-pain à quasi 100%. Les ventes ne représentent presque plus rien. Donc les organisateurs doivent malheureusement augmenter un peu le prix des billets. Mais même si on doit monter sur scène pour vivre, il faut que notre moteur principal reste le plaisir de faire de la musique. Si ce n’est pas le cas, ça se voit tout de suite.» (24 heures)

Créé: 08.08.2017, 07h55

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