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«Les lumières de la cathédrale» illuminent l’olympisme en couleur et en musique

Le rendez-vous hivernal troque les bougies pour les LED aux couleurs des Jeux. Retour aux sources de Coubertin.

Le chef Julien Laloux a recruté une cinquantaine de choristes pour les deux concerts de mardi et de mercredi.
Le chef Julien Laloux a recruté une cinquantaine de choristes pour les deux concerts de mardi et de mercredi.
Charles Moraz

C’est la troisième année consécutive que l’opération «Les lumières de la cathédrale» est reprogrammée en hiver à Lausanne. Pour son initiateur, Jean-Baptiste Brejon, «il s’agit de faire rayonner le plus grand édifice religieux de la capitale vaudoise dans un dialogue entre musique et éclairage». Cette fois-ci, pas de bougies allumées par le guet Renato Häusler (il reviendra lors d’une prochaine édition), mais un mapping vidéo et des projections LED pour exploiter les couleurs de l’olympisme, JOJ obligent. Deux concerts sont prévus, mardi 14 et mercredi 15 janvier, points culminants d’une série de rendez-vous (lire encadré).

En 2019, «Les lumières de la cathédrale» avaient misé sur une seule œuvre, la «Petite messe solennelle» de Rossini, pour laquelle le chef Julien Laloux avait réuni un orchestre professionnel et une cinquantaine de choristes amateurs éclairés, sous la bannière du «Chant des étoiles». Julien Laloux est à nouveau aux commandes de ce chœur ad hoc, avec la participation de deux organistes, Jean-Christophe Geiser, titulaire des grandes orgues, et Vincent Thévenaz, qui tenait déjà la partie d’harmonium de Rossini l’année dernière.

Contemporains de Coubertin

Le programme, d’une grande originalité, souhaite rendre expressément hommage à Pierre de Coubertin. Il est composé d’œuvres de deux compositeurs français contemporains de Pierre de Coubertin, Charles-Marie Widor et Louis Vierne – décédés comme lui en 1937. Entre les pages musicales, des extraits de textes de Coubertin seront lus, pour rappeler la dimension culturelle des Jeux.

«La charte olympique établit que les organisateurs doivent inclure un programme d’événements culturels pour promouvoir les relations humaines, l’entente mutuelle et l’amitié entre les participants lors des Jeux, rappelle Jean-Baptiste Brejon. Nous avons souhaité revenir à la source de l’esprit «artistique» de fraternité et de paix qui était à la base de la fondation des JO.» Se souvient-on que, jusqu’en 1954, il y avait des épreuves artistiques aux Jeux olympiques, des médailles d’architecture, de littérature, de musique, de peinture et de sculpture?

La «Toccata» de Charles-Marie Widor (1844-1937) ouvre le concert dans l’esprit grandiose des Jeux. Selon Julien Laloux, cette pièce spectaculaire pour orgue seul «traduit bien l’esprit ludique qui s’empare du musicien dès lors qu’il touche son instrument pour… toucher son public. C’est bien pour atteindre ce but ludique et artistique – inspiré de l’Antiquité grecque – que Coubertin a pensé ses Jeux.» Elle sera enchaînée par l’allegro de la «9e Symphonie gothique» du même Widor.

Louis Vierne à l’honneur

En 2020, on célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Louis Vierne (1870-1937), élève de Widor. Dans sa «Messe solennelle» pour chœur mixte et deux orgues, pièce maîtresse du concert et pourtant très rarement jouée, l’ancien organiste à Notre-Dame de Paris joue avec l’acoustique généreuse du lieu, les voix du chœur et les plans sonores du petit et du grand orgues, placés l’un sous l’autre.

À l’origine, Vierne avait conçu sa messe pour orgue et orchestre et c’est son maître Widor qui lui suggéra cette version réduite, permettant plus facilement l’exécution dans une église. La soirée se poursuit avec «Les angélus» pour mezzo-soprano et orgue du même compositeur, avec Marilou Jacquard en soliste, et se termine sur le thème de la fraternité, avec l’«Hymne à la joie» de Beethoven (extrait de sa «9e Symphonie», dont on célèbre cette année les 250 ans de la naissance).

Mais pour assurer un enchaînement plus progressif entre la musique romantique de Vierne et celle de Beethoven, Julien Laloux a déniché une véritable curiosité, la transcription pour chœur du début de la «Sonate au clair de lune» de Beethoven sur les paroles du Kyrie: «Cette transcription a été faite par Gottlob Benedict Bierey, un contemporain de Beethoven, précise Julien Laloux. C’est si bien fait qu’on pourrait croire que cette musique a été composée pour ça. Ça sonne presque comme du Schubert!»

Séduit par le propos et le programme, le président du CIO, Thomas Bach, assistera à la représentation du 14 janvier. «J’espère qu’il emmènera avec lui des athlètes!» confie Jean-Baptiste Brejon.

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