Martha Argerich et Stephen Kovacevich, une légende à quatre mains

CritiqueAu Victoria Hall, les deux pianistes ont croisé leurs touches avec grâce et… imprécision.

La légendaire pianiste argentine Martha Argerich.

La légendaire pianiste argentine Martha Argerich. Image: Robert Ghement

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On le sait depuis longtemps déjà, il y a davantage de chances d’apercevoir un jour un poisson faisant du vélo que d’assister à un récital en solitaire de Martha Argerich. Sa relation pour le moins problématique à la scène – son manque de confiance est aussi légendaire que son art – a néanmoins ceci de positif qu’elle donne lieu à des rencontres musicales rassurantes pour elle et stimulantes pour les mélomanes. C’est ainsi que les amateurs d’ici ont pu savourer samedi soir les retrouvailles très attendues au Victoria Hall entre l’Argentine et celui qui fut son compagnon, puis son complice, l’Américain Stephen Kovacevich.

Dans une salle remplie jusqu’aux derniers balcons, la paire a déployé une entente bluffante de naturel, en ajustant son jeu par des coups d’œil furtifs et chargés d’empathie. Pour autant, les imprécisions n’ont pas manqué, surtout dans le «Non Allegro» et dans l’«Andante Con Moto» des «Danses Symphoniques op. 45b» de Rachmaninov. Ici, les grandes structures ont semblé parfois s’effilocher et tanguer dangereusement, dans un discours rendu parfois indistinct par le recours trop appuyé à la pédale de Stephen Kovacevich. On a été par contre séduit par la délicatesse et la profondeur des mouvements lents: la rêverie de ces passages est parvenue à faire presque oublier la richesse harmonique et instrumentale de la version pour orchestre.

Un même sentiment de plénitude et d’équilibre s’est dégagé de la deuxième partie du récital, entièrement consacrée à Debussy. Souple et d’un toucher précis habité, le duo nous a rappelés au souvenir du trop rare «Lindaraja», avant de filer avec assurance vers «En noir et blanc» et le «Prélude à l’après-midi d’un faune». Longtemps ovationné, le tandem s’est congédié avec espièglerie – une «Valse» des «Liebeslieder» de Brahms – et élégance – «En bateau» de la «Petite Suite» de Debussy.

Créé: 18.03.2019, 18h58

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