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Melanie De Biasio propulse sa voix frémissante dans les vrilles d’un blues actuel

La chanteuse belge sort l’album «Lilies», avant de passer à Fri-Son. Coup de fil.

Melanie De Biasio, une chanteuse aux séductions vocales ténébreuses, qui navigue entre blues et jazz en eaux troubles mais délicieusement actuelles. DR
Melanie De Biasio, une chanteuse aux séductions vocales ténébreuses, qui navigue entre blues et jazz en eaux troubles mais délicieusement actuelles. DR

L’an dernier, elle a «sorti l’insortable», soit un EP, Blackened Cities, composé d’un seul morceau de près de 25 minutes. Avec Lilies, la chanteuse Melanie De Biasio est déjà de retour avec un album mieux délimité dans ses parties, soit une collection de 9 titres ouverte par la chanson vibrante Your Freedom Is The End Of Me qui annonce la couleur d’ensemble – blues, sombre, minimaliste, même s’il s’agit de l’une des plus touffues – aux teintes qui rappellent parfois les buées trip-hop. Une ambiance que, jointe au téléphone, cette interlocutrice un peu farouche décrit avec beaucoup de justesse. «Je cherche l’impalpable entre deux notes. Je défends bec et ongles ces moments de respiration qui donnent tout son sens à l’intention de la parole. Au cœur de la bouche, de ce souffle chaud et rond il est possible de dépasser des limites, de chercher des subtilités, des épures. Le chant est la conséquence d’une attention corporelle: elle doit sortir juste. Et basta!»

Sa voix, qui trahit parfois ses origines frioulanes, réalise en effet bien des merveilles sur ce Lilies évoluant dans des eaux assez profondes pour assombrir le propos. Un penchant déjà exploité sur No Deal, en 2013. Mais ce nouvel enregistrement a été conçu de façon «hyper-intimiste» dans le home-studio de son clavier, Pascal Paulus. «Un lieu connu, sans pression. Je ne voulais pas que ma maison de disques interfère. Cela m’a aussi forcé à restreindre la technique. J’ai utilisé un micro à 100 euros, pas un exemplaire de studio. Comme le chantait Bashung dans L’imprudence: devant l’obstacle, tu verras, on se révèle.»

«Je défends bec et ongles ces moments de respiration qui donnent tout son sens à l’intention de la parole»

Pour Melanie De Biasio, il ne sert à rien de planifier. La révélation se produit ou alors il faut abandonner l’esquisse. «La plupart des titres sont des premières prises, sans coupures, et j’en fais maximum trois.» L’album lui-même a été achevé «en deux fois dix jours, mix inclus». Elle se souvient d’une tournée en première partie de Eels où les Américains s’étonnaient de voir la Belge se lancer dans des sets sans filets, sans liste de commissions. L’aventure s’est achevée par une belle amitié et le premier titre de son album de remixes, son I Feel You, bidouillé par le leader.

Si elle ne se reconnaît plus trop dans l’étiquette jazz, le blues la captive, même si elle en regrette les conceptions aujourd’hui «un peu fanées». «Le blues est à la base de tout, Bach vient du blues.» On ne peut s’empêcher d’en douter un peu, mais il faut bien admettre que sa version du standard de Mongo Santamaria, Afro Blue, dépouillée et aux tensions comme retenues, tient tête aux versions criardes. «J’ai un côté contenu, c’est vrai. De la pudeur peut-être.»

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