Le Montreux Jazz se décline en websérie

ArchivesSon passé préservé avec la totalité de ses 5 000 heures d’archives désormais numérisées, le Festival pose sa marque sur l’ère du digital tout en innovant.

A l'instar de Carlos Santana, dix autres artistes ont accepté de revenir sur le passé montreusien pour commenter l'histoire du Montreux Jazz Festival et de la musique dans une web-série rendue possible grâce à la numérisation des archives.

A l'instar de Carlos Santana, dix autres artistes ont accepté de revenir sur le passé montreusien pour commenter l'histoire du Montreux Jazz Festival et de la musique dans une web-série rendue possible grâce à la numérisation des archives. Image: MONTREUX JAZZ FESTIVAL

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La tête de Santana! L’admiration stupéfaite de George Benson. Les larmes de Dianne Reeves. Mais aussi l’intro­spection pétrifiée du septuagénaire Al Jarreau communiant avec ses souvenirs avant de se pâmer devant sa défunte tignasse, ou encore l’attendrissement hilare de John McLaughlin… La particule «émotion» est en suspension dans l’air du Montreux Jazz Festival depuis un demi-siècle et, en confiance comme s’ils y étaient à la maison, ses «people» ont osé créer en live sur ses scènes. Ils y ont pris des risques lors de concerts devenus des jalons de l’histoire de la musique. «Claude Nobs nous encourageait toujours dans cette voie et, atteste David Sanborn, on l’aimait tous tellement qu’on le faisait parfois même contre nos propres instincts.»

«Claude Nobs nous encourageait toujours dans cette voie et on l’aimait tous tellement qu’on le faisait parfois même contre nos propres instincts»

Ils se sont donc pliés. Ils ont monté des groupes de légende. Tenté l’impossible. Comme ça date, les souvenirs ont été chassés par d’autres ou, à l’instar de Charles Lloyd, les artistes «préfèrent regarder devant». Mais c’était compter sans la machine à remonter le temps du Montreux Jazz Festival et ses 5 000 heures d’enregistrement désormais toutes numérisées! Son premier cadeau est en ligne depuis mardi sous la forme d’une websérie feuilletonant en version originale les retrouvailles entre onze artistes et leurs performances à Montreux. Onze anthologies à la fois personnelles et collectives, montreusiennes et universelles. «L’objectif n’était effectivement pas de retracer l’histoire du festival, mais, appuie son patron, Mathieu Jaton, d’écouter les résonances entre ce qui s’y est passé et l’évolution de la musique. Quand Quincy Jones évoque Miles Davis à Montreux, il parle avant tout de son influence sur l’histoire du jazz.»

Une perspective sélective

Angélique Kidjo chantant et sacrant Edith Piaf «pionnière de la world music», Gilberto Gil croisant les tonalités pop, rhythm and blues et reggae dans une interprétation en portugais du tube des Beatles Strawberry Fields Forever, Eric Clapton, Marcus Miller, Joe Sample, David Sanborn et Steve Gadd formant The Legends pour la première fois: l’incroyable et les belles heures défilent dans ces épisodes de 4 à 9 minutes en libre accès sur le site du festival.

«La valorisation et l’accessibilité ont toujours été les deux mots clés de cette entreprise, mais là on peut dire: «Enfin!» On boucle la boucle avec l’ouverture, le 3 novembre, du Montreux Jazz Café de l’EPFL et son Heritage Lab, on entre dans une nouvelle dimension, souffle Mathieu Jaton. On a toujours insisté sur notre volonté de préserver le patrimoine et d’accomplir ce travail colossal à des fins éducatives et participatives. L’idée n’était surtout pas de dire: «Voilà, il y a plus de 50 000 heures d’enregistrement à disposition, servez-vous», mais de créer des formats pour assurer leur valorisation.»

Leur passé montreusien rattrapant Santana, George Benson, Dianne Reeves et les autres en est une, la plate-forme permettant de créer une playlist personnalisée, la possibilité de revivre les concerts en réalité virtuelle ou dans les conditions acoustiques du Casino comme de l’Auditorium Stravinski en sont d’autres.

Onze artistes ont dit oui

L’atout séduction y est, l’intérêt pour la marque Montreux Jazz est évident, mais est-il aussi culturel? «Bien sûr, la démarche se veut avant tout artistique, réagit Mathieu Jaton. Jusqu’ici, on pouvait évoquer ces souvenirs, désormais, on peut les réécouter, les montrer, les faire vivre à travers un format comme la websérie. On a choisi onze artistes qui font sens dans la chronologie montreusienne, de bons amis du festival, et ils ont tous dit oui. Aujourd’hui, dans un monde de la musique en plein âge de l’éphémère, avec des artistes qui émergent et disparaissent aussitôt, cet arrêt sur image permet aussi de prendre le temps de l’histoire et la mesure de son importance.»

www.montreuxjazz.com (24 heures)

Créé: 19.10.2016, 20h31

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