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Les musiciens font leur gamme numérique

Noémie Robidas, la directrice de la HEMU, met en place l’enseignement à distance et complète son équipe dirigeante.

Noémie L. Robidas dirige la HEMU depuis un an
Noémie L. Robidas dirige la HEMU depuis un an
Olivier Wavre

«Cela fait quinze jours que l’école est fermée, mais j’ai impression que trois mois se sont passés. Je suis très admirative et heureuse de tout ce que nous avons tous pu faire en si peu de temps.» Noémie L. Robidas, directrice générale de la Haute École de musique Vaud Valais Fribourg (HEMU), témoignait la semaine dernière du bouleversement impressionnant qu’a représenté la fermeture brutale et totale des quatre sites d’enseignement. «Nous pensions sérieusement prendre un virage numérique en douceur, pour développer précisément les outils d’enseignement à distance. Cela faisait partie du plan 2021-2024 de développer les outils numériques d’apprentissage, à étaler sur trois ans, pas sur trois semaines!» La Canadienne a été nommée après la crise qui avait décapité l’institution. Elle avait accepté l’idée de tirer pour «24heures» un bilan de sa première année de fonction, et de commenter les dernières nominations (lire l’encadré). Mais par la force des choses, la discussion s’est focalisée sur ce qu’elle a appelé le «plan de continuité» – ou comment garantir les activités de l’école en période de confinement.

Les enseignants de l’HEMU et du Conservatoire répondent-ils présent en période de confinement?

Les cours ont repris à distance la semaine passée. Certains avaient déjà commencé la première semaine. Un formulaire en ligne a été envoyé pour lister les besoins et les problèmes de chacun. Certains musiciens comme les percussionnistes, les pianistes et les harpistes n’avaient pas toujours la possibilité de s’entraîner. La plupart ont trouvé un instrument ou nous leur en avons prêté un. Nous avons aussi identifié en interne et en externe les personnes technophiles capables d’intervenir dans une cellule de soutien auprès des enseignants et des étudiants en difficulté. Certains de nos pianistes accompagnateurs ont aussi enregistré des capsules audio pour que les chanteurs notamment ne soient pas condamnés à travailler a cappella.

N’est-il pas hasardeux de se fier à la qualité sonore aléatoire des retransmissions vidéo?

Le monde fonctionne en mode dégradé de toute façon. Les professeurs ne vont pas travailler dans la micronuance du son mais sur d’autres aspects. Des professeurs m’ont rapporté que les étudiants sont plus tranquilles, concentrés, focalisés sur leurs exercices, car ils ne doivent pas se déplacer dans tous les sens. On leur demande de se filmer. Avant d’envoyer une vidéo, ils vont faire plusieurs prises, ce qu’ils ne font pas forcément habituellement!

Où mettez-vous les priorités?

L’essentiel est d’entretenir la motivation des élèves du Conservatoire et des étudiants de l’HEMU, de trouver des ajustements pour assurer le cursus et diplômer nos étudiants en fin de parcours. Nous avons admis l’idée de traiter les nouvelles admissions à distance. La plupart des jeunes musiciens ont réalisé des vidéos pour présenter leur travail. Par contre, pour les examens finaux, nous essayons de les reporter de quelques semaines en espérant pouvoir les faire en mode présentiel, au pire à huis clos.

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