Napoleon Washington n’aimait pas l’étiquette de bluesman

DécèsLe Loclois Napoleon Washington, alias Raphaël Bettex, a rejoint mardi le paradis des guitaristes de blues, à l’âge de 43 ans.

Napoleon Washington avec l'instrument fétiche qui lui a permis de révéler son univers, une guitare à
résonateur made in France Fine Resophonic.

Napoleon Washington avec l'instrument fétiche qui lui a permis de révéler son univers, une guitare à résonateur made in France Fine Resophonic. Image: VANESSA CARDOSO

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Napoleon Washington est décédé dans sa 44e année d’une vilaine pneumonie, mardi au CHUV. Le talentueux guitariste et chanteur loclois était malade depuis le mois de février, a indiqué le quotidien neuchâtelois L’Express. Raphaël Bettex, né au Locle en 1971, avait écumé les scènes de Suisse, d’Europe et des Etats-Unis avec son Crawlin’Kingsnake Blues Band ou comme accompagnateurs d’artistes américains. En 2003, il se lance en solo sous le pseudonyme de Napoleon Washington, choisi en hommage à ces esclaves afro-américains qui, libérés, prirent des noms prestigieux alors qu’ils n’avaient jusque-là existé que par un prénom.

Seul ou au sein des Five Blind Boys from the Parish, avec ses compères Raphaël Pedroli et Simon Gerber, Washington distillait une musique qu’on aurait dite arrivée en ligne droite du delta du Mississippi. Sa six-cordes très particulière – une guitare métallique à résonateur – et sa voix d’outre-tombe donnaient à son blues une couleur inimitable.

«Les étiquettes, un poison pour la curiosité»
Le graphiste de formation répugnait pourtant à se coller l’étiquette de bluesman. «Si je tombais sur un type qui ait mon parcours et se déclare bluesman, je n’aurais même pas envie de l’écouter, nous assura-t-il un jour de 2009. Le blues, c’est quelque chose qui est venu de l’intérieur. Entre lui et moi, c’est comme une histoire d’amour, ça appartient à ma vie privée. Et puis les étiquettes, c’est fait pour les magasins de disques, pour qu’on s’y retrouve dans les bacs. Sinon, c’est un poison pour la curiosité.»

Ce qui intéressait avant tout Napoleon Washington, c’était «de toucher les gens, de passer des émotions». Comme celles qu’il ressentait lui-même à l’écoute des géants du genre, des pionniers des années 1920 et 1930.

En artisan perfectionniste, il enregistrait ses propres compositions dans le studio installé à son domicile. Trois à six heures de pratique quotidienne sur son instrument fétiche lui avaient donné une formidable aisance musicale qu’il lui permettait aussi d’exprimer son humour au sein de mélodies souvent sombres. «Faudra me faire incinérer avec le disque Goin’Back to New Orleans de Dr John, nous disait-il. Tout l’esprit de cette centrale nucléaire d’amour qu’est La Nouvelle-Orléans est là-dedans.» (24 heures)

Créé: 16.04.2015, 16h16

Sa musique

www.napoleonwashington.com

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