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Nik Bärtsch dans tous ses états

À Prangins, la 4e édition de Jazz au Peuple invite le pianiste zurichois avant sa venue à Label Suisse. Interview

Dès cette semaine, Nik Bärtsch sera très présent en terres vaudoises aussi bien avec sa formation Mobile qu’avec Ronin.
Dès cette semaine, Nik Bärtsch sera très présent en terres vaudoises aussi bien avec sa formation Mobile qu’avec Ronin.
Christian Senti

Minimalisme et répétition. Le pianiste Nik Bärtsch a su conjuguer ces valeurs plutôt associées à la musique contemporaine à une certaine idée du jazz et du funk. Dès vendredi à Jazz au Peuple, festival de Prangins qui accueille également la chanteuse Susanne Abbuehl, il revient la semaine prochaine à Label Suisse.

À Jazz au Peuple, vous jouez avec Mobile et, à Label Suisse, avec Ronin. Quelle différence entre les deux formations?

C’est en live que les différences s’entendent le mieux. Avec Mobile, les concerts sont très acoustiques, plus proches de la musique de chambre avec une grande attention à des détails subtils. Tandis qu’avec Ronin nous travaillons une énergie plus directe, plus rock, qui convient mieux à des grandes salles ou à des festivals.

Vous serez aussi à Label Suisse en tant que compositeur. Le Makrokosmos Quartet jouera deux de vos pièces.

Je suis très heureux de pouvoir montrer les différents aspects de mon œuvre en Suisse romande. Ce dernier programme avec deux pianistes et deux percussionnistes, déjà joué 5 ou 6 fois en public, va dans le sens d’une musique de chambre moderne et radicale. Au début il était difficile de trouver des gens qui comprennent mon œuvre. Car ce n’est pas tout d’écrire des morceaux, il faut aussi trouver des musiciens qui veulent et peuvent les jouer.

En ce sens, la parution de vos albums chez ECM, label reconnu, vous a aidé?

Cela m’a permis de montrer et d’établir mon esthétique générale. Il a fallu en effet quelques années pour attirer une attention internationale. J’ai déjà écrit une dizaine d’œuvres qui vont dans la direction d’un minimalisme moderne pour des groupes sans moi. Il a fallu aussi du temps pour faire comprendre qu’une musique répétitive, qui travaille rythmes et cycles, n’est pas forcément facile. Lorsque Bang On A Can m’a demandé une œuvre je suis parti à New York pour leur montrer comment cela fonctionne. Les échanges avec la pianiste Vicky Chow, très expérimentée, étaient intéressants car elle ne sous-estime pas la complexité de la démarche.

Dans vos groupes, l’impro a toujours sa place?

Avec Mobile, cela se joue sur de petites choses liées au développement d’un espace modulaire. Avec Ronin, plus flexible, c’est fréquent avec des stratégies qui relèvent du jazz et du funk. Une liberté que j’aime beaucoup aussi.

Quel sens a le mot jazz pour vous aujourd’hui?

Je n’ai jamais pensé la musique en catégories, en styles. L’histoire n’a cessé de produire certaines qualités et influences. Le jazz s’est par exemple approprié l’improvisation alors qu’il existait toute une tradition de cette pratique, de Bach à Gershwin en passant par Mozart et Stravinski. Il y a une manière ouverte et très directe de faire de la musique – qui retrouve le rythme, le groove – que je trouve très importante et bénéfique dans ses croisements avec de la musique de chambre classique.

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