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Nox Orae décuple ses forces

La manifestation boélande fête son 10e anniversaire dès jeudi avec une très belle brochette de rock indépendant.

The Viagra Boys, des Suédois qui savent se dresser pour la cause du rock.
The Viagra Boys, des Suédois qui savent se dresser pour la cause du rock.
GUENDALINA FLAMINI

Pour lancer les hostilités de son 10e anniversaire, Nox Orae a mis les petits plats dans les grands. Après une 9e édition mitigée l’an dernier pour cause de météo un peu fraîche – qui a fait rater, lors de la dernière soirée, l’excellentissime groupe de noise japonais Qujaku aux plus frileux –, le petit festival de La Tour-de-Peilz reprend du muscle et du poil de la bête avec une offre jubilaire qui rugit de toutes ses dents et elles sont nombreuses puisque la manifestation passe exceptionnellement de deux à trois soirées.

Alors que le rock est redevenu une musique beaucoup plus marginale qu’il y a vingt ans, Nox Orae s’arc-boute au genre en privilégiant les démarches exigeantes, pointues, au caractère bien trempé. À défaut de stars, le rock indépendant a fait naître des figures qui deviennent désormais historiques à partir des nineties, décennie encore faste pour les guitares malgré la rivalité de l’electro.

Si, comme l’assure Joël Bovy, coprogrammateur avec Maud Paley, «Nox Orae adore présenter des groupes au démarrage, mais qui ont le potentiel de grandir» (la preuve l’an dernier avec les Fontaines D.C. qui ont fait faux bond au Paléo cet été), le festival a tout de même besoin des têtes de proue propres à attirer de vieux quadras ou de jeunes érudits qui viennent tâter leur objet d’étude en live. Ce dernier cas est plus rare selon Joël Bovy qui se souvient tout de même d’un concert de The Brian Jonestown Massacre réunissant les âges de la vie.

Explosion de bougies

Cela tombe bien: le fantasque leader Anton Newcombe est de retour avec les Estoniens de Holy Motors et pour un DJ set.

Dans les groupes qui font incontestablement partie de l’histoire récente du rock, Nox Orae accueille une belle brochette de héros dans des styles très éclectiques. En guise de gâteau d’anniversaire du vendredi, le psychédélisme fabuleux de The Flaming Lips ne connaît pas de rival pour allumer le délire et faire exploser les bougies. Le groupe d’Oklahoma City vient de sortir le très honorable album «King’s Mouth», mais c’est surtout son show pyrotechnique qui est attendu. «Ils viennent à 20, dans une formule costaude avec confettis et décors faramineux, détaille Joël Bovy. Un gros défi mais on a réussi à tout caser sur notre scène.»

Sur un versant plus doux, les Américains de Deerhunter montrent à nouveau un visage apaisé, miroitant de dreampop avec le récent «Why Hasn’t Everything Already Disappeared?» au titre d’actualité, rappel de l’époque onirique de leur «Halcyon Digest» de 2010.

Du côté britannique, Spiritualized, groupe écossais culte depuis un quart de siècle, revient avec un album tremblotant d’émotion et de fragilité, «And Nothing Hurt», mais Jason Pierce réserve probablement quelques surprises joliment cisaillées pour sa prestation live.

«Ces formations jouent la plupart du temps dans des manifestations bien plus grandes que la nôtre», précise un Joël Bovy pas peu fier de les avoir attirés dans un jardin capable d’accueillir 1500 festivaliers. «Que ce soit à Rock en Seine ou à Primavera, ils jouent plutôt devant 5000 à 10 000 personnes.»

A ces vétérans, il faut encore ajouter Low, trio qui, plus de 20 ans après ses débuts, démontre sur «Double Negative» que le rock peut expérimenter sans (dé)faillir avec un appétit aussi inquiétant que fascinant.

Mais Nox Orae ne serait pas ce qu’il est sans ses jeunes nervis, parmi lesquels les Allemands issus de la nébuleuse kraut de Die Wilde Jagd ou les très énergiques Suédois de The Viagra Boys.

Le rock peut encore compter sur la nouvelle génération.

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