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Les Passions de l’Ame fêtent 10 ans d’activisme baroque

L’ensemble de Meret Lüthi joue les «Concertos brandebourgeois» de Bach à Lausanne.

Les Passions de l’Ame, un collectif bernois à la pointe de la recherche musicologique
Les Passions de l’Ame, un collectif bernois à la pointe de la recherche musicologique
Guillaume Perret

De la passion, Meret Lüthi en a à revendre. La violoniste bernoise en a même fait sa marque de fabrique depuis 10 ans avec son ensemble baroque Les Passions de l’Âme, qui vient fêter cet anniversaire vendredi 2 mars à l’église Saint-François de Lausanne avec un marathon Bach. Entendre les six Concertos brandebourgeois en une soirée: un régal et un délire!

L’histoire de ce collectif très international au cœur de la capitale helvétique et portant un nom francophone dit beaucoup sur la personnalité de sa fondatrice, éprise d’ouverture, de curiosité, d’envie de partage et d’un brin d’insolence. Formée à Berne et active dans plusieurs orchestres baroques à travers l’Europe, Meret Lüthi avait formé le vœu très fort de fonder un ensemble de musique ancienne dans sa ville natale, qui selon elle en manquait cruellement. «Il n’y avait pas de véritable tradition sur instruments d’époque à Berne, se remémore la violoniste, et les formations vedettes n’y sont pas passées, comme à Lausanne au Festival Bach. Quand je prends une décision, je m’y consacre totalement et mes doutes s’envolent, mais j’ai mis deux ans pour monter le premier concert.»

Deux ans pour frapper un grand coup avec 45 musiciens jouant les Feux d’artifice royaux de Haendel. «Je voulais une naissance qui fasse du bruit, montrer que quelque chose naissait à Berne et qu’on ne pouvait ignorer.» Deux ans surtout pour réunir un budget et recruter des musiciens dont le point commun n’était nullement la proximité de voisinage, mais bien davantage la proximité d’âme: «J’ai choisi des amis musiciens de tous horizons avec qui je me sens bien, même sans instrument. Pour travailler si durement, il fallait avoir une envie très forte de se revoir et être heureux le soir après les répétitions.»

«Car il est besoin de remarquer que le principal effet de toutes les passions dans les hommes est qu’elles incitent et disposent leur âme à vouloir les choses auxquelles elles préparent leur corps.» Tirée du traité de René Descartes intitulé Les passions de l’âme, cette phrase pourrait résonner comme une démonstration pour Meret Lüthi. En reprenant ce titre pour dénommer son ensemble, la fondatrice fait la preuve de sa passion agissante. «Ce mot-clé pouvait être compris dans toutes sortes de directions, historiquement en lien avec Descartes et le passé, mais aussi pour caractériser la passion des musiciens d’aujourd’hui, qui ne s’enseigne ni ne se mesure, mais qui fait qu’une telle entreprise fonctionne. Ce nom nous identifie et nous apporte du bonheur.»

Grâce à ses disques coup-de-poing (Spicy, Bewitched et Schabernack chez DHM) et un sens du marketing très affûté, la petite PME à géométrie variable rayonne aujourd’hui dans les festivals européens et ses deux séries de concerts à Berne et à Lausanne. Dix ans après ses débuts de directrice artistique, Meret Lüthi peut être fière du chemin parcouru, quand bien même les efforts pour perdurer lui semblent encore bien supérieurs aux moyens financiers récoltés. «À l’époque, on me disait: «Sois patiente et les engagements viendront.» Pas du tout! Il faut être superactif, et pas seulement musicalement. Heureusement, je peux utiliser ma créativité dans chaque champ d’activité. Par contre, nous devons adopter un tempo turbo permanent par manque de moyens. Mais quand je vois le bonheur du public, j’oublie tous ces tracas.»

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