Paul Lewis, piano tempéré

CritiqueA Genève, le Britannique a livré un «Concerto» de Mozart éloquent et lumineux.

Paul Lewis s'est produit pour la première fois à Genève aux côtés de l'OSR.

Paul Lewis s'est produit pour la première fois à Genève aux côtés de l'OSR. Image: Kaupo Kikkas

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Depuis plusieurs années déjà, Paul Lewis chemine en affichant un solide talent de coloriste et une prédilection pour ces pièces aux teints tenus et aux nuances infimes. Un détour par son dernier album et une écoute, en particulier, de sa «Sonate N°2» de Carl Maria von Weber permettent de mesurer la délicatesse et la sensibilité de l’interprète. Des traits qu’on a retrouvés mercredi soir au Victoria Hall, où le Britannique se produisait pour la première fois aux côtés de l’Orchestre de la Suisse romande, sous la direction d’Andris Poga.

Son choix de programme? Un «Concerto N°27 KV 595» de Mozart, qui, à défaut de faire dans l’original et l’audacieux, nous a dit combien les tons mélancoliques, voire sombres de certains passages de la pièce ont paru aller comme un gant au pianiste. D’entrée, avec l’«Allegro», le toucher éloquent et lumineux à la fois, le phrasé limpide, l’expression toujours en retenue – pudique pourrait-on dire – ont épousé de manière idéale cette œuvre tardive aux élans testamentaires. La sobriété de Paul Lewis a surtout éclaté dans un «Larghetto» de grande noblesse, puis, à l’heure du bis, avec un «Allegretto en ut mineur D915» de Schubert méditatif et empreint de gravité.

Plus tard, avec la «Sixième» de Bruckner, un autre paysage sonore, bien plus charnu, s’est emparé de la salle. Les «forte» et «fortissimo» des tutti ont dit une fois encore combien la salle se prête mal à ce genre de répertoire: les lignes se sont entremêlées souvent dans un précipité sonore peu distinct. Et cependant, dans la lecture quelque peu rigide d’Andris Poga, on a savouré les formes pétillantes du hautbois – le Maestoso –, l’allure saignante et précise des cuivres – le «Scherzo» et le «Finale» – et la finesse des contrebasses dans un «Adagio» au souffle profond.

Créé: 28.11.2019, 22h53

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