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Penguin Cafe brise la glace du classique

À l’Octogone samedi, Arthur Jeffes a rallumé la formation de son père.

Arthur Jeffes s’est réellement inspiré des pingouins pour la musique de Penguin Cafe.
Arthur Jeffes s’est réellement inspiré des pingouins pour la musique de Penguin Cafe.
ALEX KOZOBOLIS

Même si Arthur Jeffes a entendu pendant toute sa jeunesse son père, Simon Jeffes, composer sur l’incontournable piano familial, il ne se destinait pas à la carrière de musicien mais à celle d’archéologue. Il n’était d’ailleurs pas encore né lorsque son géniteur, guitariste d’obédience classique, fondait le Penguin Cafe Orchestra en 1974.

Contemporaine du Kronos Quartet, cette formation anglaise, pas toujours très connue sous nos latitudes, réconciliait le public des années posthippies avec les musiques savantes ou d’avant-garde, teintant sa palette sonore d’emprunts au rock, à la pop ou aux couleurs folkloriques.

Très audible dans ses grands écarts entre John Cage et Robert Fripp, le groupe à configuration variable se taillait quelques jolis succès à une époque où l’écoute n’était pas encore cloisonnée par des chapelles stylistiques trop rigides et curieuses de projets ouverts à des influences multiples. Son premier album est produit par Brian Eno en 1976 et le dernier, «Union Cafe», paraissait en 1993 avant que Simon Jeffes ne quitte l’aventure prématurément, condamné en 1997 par une tumeur au cerveau.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, ne serait-ce l’amour filial d’Arthur Jeffes pour une musique qui avait bercé son enfance. «Aux 10ans de la mort de mon père, nous nous sommes réunis avec une bande d’amis pour jouer sa musique. Ce fut une expérience spontanée, à laquelle nous avons pris beaucoup de plaisir.»

Horizons variés

Dès 2009, la bande, sous le nom abrégé de Penguin Cafe, prend goût à cet exercice joyeux qui se transforme en concerts mieux organisés, attirant petit à petit des partenaires d’horizons très variés, du violoniste Oli Langford (Florence and the Machine, Angus and Julia Stone…) au bassiste Andy Waterworth (Christine and the Queens, Liam Gallagher…) en passant par l’altiste Vincent Greene (Paul McCartney, Snow Patrol…).

Arthur Jeffes lui-même ne se contente pas de ce pingouin ressuscité, collaborant avec le Japonais Cornelius ou l’Allemand Nils Frahm sur le label duquel, Erased Tapes, sa formation publie ses albums depuis son «Imperfect Sea» de 2017. Les influences de cette musique souvent dominée par les claviers de l’Anglais se sont un peu modifiées, penchant avec insistance et acoustique sur les esthétiques électroniques, mais l’éclectisme demeure. Penguin Cafe n’a pas un pied dans le classique et l’autre dans la pop. «Nous avons beaucoup de pieds!» s’amuse l’héritier prolongeant ces fusions raffinées.

Le musicien accorde tant d’importance au nom de sa formation – qui partage le même agent que le groupe de jazz GoGo Penguin! – qu’il se présente parfois aussi comme explorateur des pôles. Et ce n’est pas une blague. «En 2005, un ami m’a demandé de l’accompagner dans une expédition au pôle Nord qui s’inspirait de celle de Scott en 1911 au pôle Sud, avec du matériel d’époque.»

Il en est revenu avec la ferme intention d’étudier plus sérieusement la théorie musicale – «la moitié de mon éducation a été faite par mon père, j’arrive désormais à lire la musique, mais je reste assez faible!» – et, surtout, de consacrer, après une commande de Greenpeace, plusieurs titres de son dernier album, le «Handfuls of Night» de 2019, à ses amis les pingouins, les manchots à jugulaire, les adélies, les empereurs et les papous.

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